Un ancien commandant rebelle libérien sera renvoyé en jugement en Suisse

Faisant suite à l'arrestation d'Alieu Kosiah le 10 novembre 2014 ainsi qu'à cinq années d'enquête concernant son implication au cours de la première guerre civile libérienne (1989-1996), le Ministère public de la Confédération (MPC) a annoncé que la procédure à l’encontre d’Alieu Kosiah sera renvoyée en jugement. Alieu Kosiah aurait commis des crimes de guerre en tant que commandant au sein de la faction ULIMO (United Liberation Movement of Liberia for Democracy), entre 1993 et 1995.

Civitas Maxima travaille depuis 2012 avec son organisation sœur basée au Libéria, le Global Justice and Research Project (GJRP) pour documenter les crimes commis durant les guerres civiles. Cette procédure a été initiée à l'origine par des survivants libériens de la guerre, soutenus par Civitas Maxima et le GJRP, qui ont déposé des plaintes pénales contre Alieu Kosiah.

Il s'agit d'une affaire emblématique, car pour la première fois, un membre de l'ULIMO sera jugé pour crimes de guerre. Ce sera également la première fois qu'un criminel de guerre présumé sera jugé par le Tribunal pénal fédéral suisse.

Des victimes et témoins entendus tout au long de l'enquête accusent Alieu Kosiah d’avoir commis des actes de violence sexuelle, de recrutement d'enfants soldats, de pillages, d’avoir donné l'ordre et d’avoir participé à des transports forcés de biens pillés et de munitions, contraignant des civils à travailler dans des conditions cruelles, d’avoir ordonné ou commis des meurtres, et de s’être livré à des actes de cannibalisme. Il pourait également être poursuivi pour sa responsabilité en qualité de supérieur hiérarchique.

Alain Werner, directeur de Civitas Maxima, et Romain Wavre, conseiller juridique de Civitas Maxima, tous deux avocats représentant plusieurs victimes dans cette procédure, ont déclaré que cette affaire constitue un pas de plus vers l'objectif de justice pour le Libéria. "Nous sommes fiers que le courage des victimes qui ont témoigné contre Alieu Kosiah soit enfin reconnu par ce procès. Il est important que les victimes sachent que si elles parlent, elles seront entendues».

Hassan Bility, directeur du GJRP, a déclaré que: "C'est un grand jour pour la justice au Libéria, un grand jour pour toutes les victimes. Nous saisissons cette occasion pour appeler le gouvernement libérien à prendre des mesures en vue de créer un tribunal pour crimes de guerre au Libéria pour les milliers de victimes de la guerre civile.»

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