Un ancien commandant du RUF arrêté en Finlande pour des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité présumés commis au Liberia

Le mardi 10 mars Gibril Massaquoiun citoyen sierra-léonais, a été arrêté à Tampere, en Finlande, par la police finlandaise qui le soupçonne d'avoir commis des crimes de guerre et des crimes contre l'humanité au Liberia entre 1999 et 2003. Les crimes qu'il aurait commis comprennent homicides, violences sexuelles, ainsi que le recrutement et l'utilisation d'enfants soldats.

Gibril Massaquoi faisait partie du cercle intime de Foday Sankoh, le fondateur du Revolutionary United Front (RUF), principal groupe rebelle de la guerre civile sierra-léonaise. Massaquoi était lieutenant-colonel dans l’organisation, porte-parole du groupe et l’assistant personnel de Foday Sankoh.

En 2005, Massaquoi a témoigné en audience publique devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) dans l'affaire contre les membres de l'ancien Conseil Révolutionnaire des Forces Armées de Sierra Leone (AFRC en anglais) - un groupe rebelle qui s'est allié aux rebelles du Front révolutionnaire uni (RUF en anglais) à la fin des années 1990.

Dans le cadre de leurs efforts constants d'enquête et de documentation, Civitas Maxima et son organisation sœur libérienne, le Global Justice and Research Project (GJRP), ont trouvé des preuves indiquant que Massaquoi aurait commis, supervisé set ordonnées la commission de crimes internationaux au Liberia pendant la seconde guerre civile.

Civitas Maxima et le GJRP ont soumis des informations concernant la participation présumée de Massaquoi à la commission d’atrocités de masse au Liberia aux autorités finlandaises, où il réside. Des informations sur la présence de Massaquoi en Finlande sont apparues en ligne dès 2010 .

Le soutien des autorités libériennes à cette affaire doit être applaudi, ayant collaboré avec les autorités finlandaises pendant l'enquête.

Civitas Maxima et le GJRP félicitent également les autorités finlandaises pour leur diligence et leur engagement dans cette enquête.

Fayah Williams, directeur adjoint du GJRP, a déclaré :"Les dernières nouvelles concernant l'arrestation de M. Gibril Massaquoi en Finlande constituent un grand pas sur la question de la responsabilité des crimes de guerre commis par le passé au cours des deux guerres civiles sanglantes du Liberia. Cela apporte de l'espoir à tous ceux qui ont été victimes de ces guerres civiles. Cette arrestation indique également que la justice ne discrimine pas en raison de la nationalité.»

Il s'agit de la septième arrestation d'un criminel de guerre présumé par les autorités de six pays sur deux continents, à la suite d'informations recueillies par Civitas Maxima et le GJRP - dont le travail a également contribué à deux condamnations de criminels de guerre libériens aux États-Unis. Personne n'a jamais été jugé pour des crimes de guerre sur le sol libérien.

Contexte Historique

 

Le Liberia a connu deux guerres civiles consécutives (1989-1996 et 1999-2003), déclenchées par l'invasion de Monrovia par le Front National Patriotique du Liberia (NPFL) de Charles Taylor en décembre 1989.

 

En mars 1991, les combats se sont étendus à la Sierra Leone voisine lorsque le Revolutionary United Front (RUF), avec le soutien du NPFL, a envahi la Sierra Leone dans le but de renverser le gouvernement. La guerre civile en Sierra Leone s'est terminée en 2002.

 

Pendant les guerres civiles du Liberia et de la Sierra Leone, des centaines de milliers de civils ont été tués. Ces conflits ont été caractérisés par des atrocités de masse contre la population civile, notamment par de nombreux actes de violence sexuelle, des meurtres de masse, des amputations et mutilations, la réduction en esclavage, la torture, le cannibalisme et l'utilisation généralisée d'enfants soldats.

 

Malgré certaines tensions entre les deux groupes, le NPFL et le RUF sont restés étroitement liés tout au long de la guerre civile en Sierra Leone - échangeant des armes et des munitions contre des diamants - en particulier après l'élection de Charles Taylor à la présidence du Liberia en 1997. Il y a eu également un échange continu de combattants et de dirigeants entre les deux groupes rebelles.

 

Charles Taylor a été condamné par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone (TSSL) en 2012 pour avoir aidé, encouragé et planifié la perpétration de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité du RUF au Sierra Leone.

Un commentaire sur « Former RUF commander arrested in Finland over war crimes and crimes against humanity allegedly committed in Liberia »

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