Thomas Woewiyu meurt du Covid-19 alors qu’il était dans l’attente du prononcé de sa peine

Thomas Jucontee Woewiyu, l’ancien ministre de la Défense et porte-parole du National Patriotic Front of Liberia (NPFL) pendant la première guerre civile libérienne, est décédé hier, le 12 avril, du COVID-19. Il y était traité depuis une semaine à l'hôpital Bryn Mawr de Philadelphie, aux États-Unis. La nouvelle a été annoncée par FrontPage Africa puis confirmée par l'hôpital.

Woewiyu avait été jugé en juin 2018 à Philadelphie, aux États-Unis, puis reconnu coupable en juillet 2018 par un jury de 11 chefs d'accusation de fraude à l'immigration et de parjure pour avoir menti aux autorités d'immigration américaines sur son rôle dans un mouvement rebelle pendant la première guerre civile libérienne (1989-1996). Ce procès était le tout premier d'une personne ayant occupé un poste ministériel au sein d'une importante faction rebelle pendant les guerres civiles du Liberia.

L’audience de fixation de la peine était initialement prévue pour octobre 2018 mais fut reportée à plusieurs reprises en 2018 et 2019. Aucune nouvelle date d’audience ne fut fixée après le dernier report en avril 2019, mais elle était attendue pour 2020. Woewiyu n’avait pas été placé en détention dans l’attente du prononcé de sa peine.

Woewiyu during trial, 2018

Le procès de Woewiyu aux États-Unis fut la première fois que des victimes et des témoins, y compris des enfants soldats, purent prendre la parole devant un tribunal pénal pour témoigner des atrocités commises par le NPFL pendant la première guerre civile libérienne. Civitas Maxima et son organisation-sœur au Liberia, le Global Justice and Research Project (GJRP), collaborèrent avec les autorités américaines pendant l'enquête et assurèrent tout le le suivi du procès .

De nombreuses victimes ont fait preuve d'un incroyable courage en venant de l'autre bout du monde pour témoigner. Le procès de Thomas Woewiyu restera un jalon important dans l'histoire du Liberia, il marque l'une des premières étapes de la quête de justice des victimes et de la lutte contre l'impunité pour les crimes commis pendant les deux guerres civiles. Néanmoins, sa mort souligne aussi la nécessité pour le gouvernement libérien d'agir maintenant et de juger sans attendre les auteurs des crimes de guerre conformément au droit international: nous ne pouvons plus nous permettre que d’autres auteurs de crimes internationaux meurent et échappent ainsi à la justicea déclaré Hassan Bility, défenseur des droits de l'homme et directeur du GJRP.

Thomas Woewiyu ne subira jamais sa peine de prison, mais il a été reconnu coupable d'infractions pénales directement liées à son rôle pendant la première guerre civile libérienne, et cela personne ne pourra jamais l’enlever aux nombreuses victimes des crimes ignominieux du NPFL" a déclaré Alain Werner, directeur de Civitas Maxima.

Contexte Historique

 

Woewiyu a fondé le NPFL, aux côtés de l'ancien président du Liberia et leader du mouvement Charles Taylor et a ensuite servi comme ministre de la Défense et porte-parole de la faction rebelle. Cette dernière a mené une campagne militaire brutale à travers tout le Liberia, y compris la tristement célèbre opération militaire Octopus contre la capitale Monrovia en 1992.

 

Selon la Commission Vérité et Réconciliation (CVR) du Liberia, le NPFL a contrôlé la plus grande partie du pays pendant la première guerre civile (1989-1996) et est responsable d'au moins 60 000 violations signalées à la CVR, consistant en des crimes de guerre tels que le viol, l'esclavage, le recrutement d'enfants soldats et des massacres. Au cours des deux guerres civiles, qui ont duré plus de 10 ans, environ 250 000 civils ont été tués.

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