Chers amis,

Cette année a été un défi pour nous tous. Avec la pandémie de COVID-19, nous avons dû nous adapter à un monde en mutation. Malgré cela, l’équipe de Civitas Maxima a continué à travailler sans relâche car la lutte contre l'impunité ne connaît pas de répit.

Janvier: Kunti K., ancien commandant du United Liberation Movement of Liberia for Democracy (ULIMO), qui avait été arrêté en France en 2018 et libéré en raison d'une erreur de procédure, a été de nouveau arrêté et placé en détention pour avoir violé son contrôle judiciaire.

Mars: Gibril Massaquoiun ancien commandant du Revolutionary United Front (RUF) de Sierra Leone, a été arrêté en Finlande pour des crimes de guerre et crimes contre l'humanité qui auraient été commis au Liberia pendant la seconde guerre civile. Les autorités finlandaises avaient ouvert une enquête sur Massaquoi après que Civitas Maxima leur ait fourni des informations préliminaires sur les crimes qu'il aurait prétendument commis au Liberia.

Avril: Le COVID-19 a entraîné la mort de Thomas Woewiyuancien ministre de la défense et porte-parole du National Patriotic Front of Liberia (NPFL) de Charles Taylor pendant la première guerre civile. Il est décédé alors qu'il attendait une audience en vue de déterminé sa peine pour les 11 chefs d'accusation de fraude à l'immigration et de parjure pour lesquels il a été condamné par un tribunal de Philadelphie en 2018. Il risquait une peine maximale de 75 ans de prison. Au cours du procès de Woewiyu, des victimes libériennes ont eu pour la première fois l'occasion de témoigner devant un tribunal sur les crimes commis par le NPFL de Charles Taylor. Civitas Maxima et le GJRP ont aidé les autorités américaines dans leur enquête.

Juillet: Agnes Reeves Taylor est retournée au Liberia après que les accusations de torture portées contre elle aient été écartées par la Central Criminal Court du Royaume-Uni. À son retour, elle a convoqué une conférence de presse à Monrovia pour "mettre les choses au clair". Elle a accusé les victimes et les témoins de ses crimes présumés d'être des menteurs, a tenté de nier les actes de violence sexuelle généralisés commis par les rebelles du NPFL pendant la guerre, et a intimidé les défenseurs des droits de l'homme - notamment Hassan Bility et le GJRP. Après la conférence, Civitas Maxima et le GJRP ont publié une déclaration – Agnes Reeves Taylor et la vérité – contestant les fausses allégations de Reeves Taylor, et se sont joints à d'autres groupes de défense des droits de l'homme pour condamner les menaces qu'elle et ses partisans ont proférées contre les défenseurs des droits de l'homme et d'autres personnes soupçonnées d'être impliquées dans la procédure à son encontre. Reeves Taylor est également apparue dans plusieurs émissions radio, au cours desquelles elle s'est engagée dans un révisionnisme historique concernant les guerres civiles et le rôle de son ancien mari, Charles Taylor. 

Septembre:La Cour d'appel des États-Unis pour le troisième circuit à Philadelphie a rejeté l'appel de Mohammed Jabbateh(alias "Jungle Jabbah"), confirmant sa condamnation et sa peine de 30 ans de prison pour fraude à l'immigration et parjure. Jabbateh avait servi comme commandant de bataillon au sein du groupe rebelle ULIMO pendant la première guerre civile libérienne. Depuis 2014, Civitas Maxima et le GJRP avaient collaboré avec les autorités américaines sur cette affaire. C’est lors de ce procès que des victimes libériennes avaient pour la première fois témoigné devant un Tribunal sur les atrocités commises pendant la première guerre civile libérienne.

Novembre:Ashoka, le plus grand réseau mondial d'entrepreneurs sociaux et de leaders du changement, a annoncé la « fellowship » d'Alain Werner, directeur de Civitas Maxima. Cette distinction est une reconnaissance importante du modus operandi unique de Civitas Maxima, et met en lumière la méthode innovante appliquée par Civitas Maxima et le GJRP.

Civitas Maxima a également lancé son nouveau site web en novembre.

Décembre: Le 2 décembre, les premières audiences du procès d' Alieu Kosiah Alieu Kosiah ont finalement commencé à Bellinzone, en Suisse, après avoir été reportées à plusieurs reprises. Les yeux du monde entier étaient braqués sur la capitale du Tessin, où pour la première fois, un ressortissant libérien était jugé pour des crimes de guerre qui auraient été commis pendant la première guerre civile du Liberia. Ces audiences étaient les premières du genre en Suisse, car le Tribunal pénal fédéral n'avait jamais tenu de procès pour des crimes de guerre auparavant. Kosiah était un commandant de l'ULIMO, et il est soupçonné, entre autres, de meurtres, de viols et de pillages. La deuxième partie du procès devrait se dérouler en février 2021.

Tout au long de l'année, Civitas Maxima et le GJRP ont trouvé des moyens de continuer à collaborer avec les avocats et les autorités nationales en Europe et aux États-Unis dans le cadre d'enquêtes et de missions, afin de faire avancer les différentes procédures dans lesquelles nous sommes impliqués, qu’elles soient publiques ou non, et ce malgré les défis posés par la pandémie de COVID-19.

Civitas Maxima saisit cette occasion pour remercier chaleureusement toutes les personnes et les institutions qui, année après année, soutiennent la quête de justice des victimes que nous représentons. Nous ne pourrions jamais y parvenir sans vous.

Nous attendons avec impatience l'année 2021. Nous pensons qu'elle sera importante pour la Justice.

Joyeuses fêtes,

L'équipe de Civitas Maxima

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