L’histoire du Libéria en marche : grande première au procès de Gibril Massaquoi

Au tribunal de Pirkanmaa, en Finlande, s’ouvre aujourd’hui un procès notamment pour crimes de guerre commis au Liberia.Ces crimes d’une grande violence auraient été commis et encouragés par Gibril Massaquoi . Contrairement à la plupart des procès pour crimes de guerre qui ont lieu devant des tribunaux nationaux et sont donc de facto très éloignés du moment et du lieu des événements en question, la cour de justice finlandaise a pris une décision quasiment sans précédent dans l’histoire juridique. Comme annoncé il y a quelques jours, une partie du procès, qui sera conduit selon le droit finlandais, aura en effet lieu pendant plusieurs semaines au Liberia, là où les crimes reportés auraient eu lieu, et en Sierra Leone voisine.
 
Massaquoi a été arrêté en Finlande, où il réside depuis 2008Son arrestation fait suite à une enquête officielle menée par le Bureau national d’enquête finlandais (NBI) sur la base d’informations concernant sa participation présumée à des atrocités de masse au Liberia, fournies par Civitas Maxima et le GJRP. Gibril Massaquoi est accusé de meurtre de civils et de personnes hors de combatde crimes de guerre aggravés et de crimes contre l'humanité aggravés, qu'il aurait commis et encouragé à perpétrer lors la deuxième guerre civile du Liberia, entre 1999 et 2003.
 
Civitas Maxima porte la ferme conviction que la justice doit être rendu dans le pays même où les crimes ont été commis, chaque fois que cela est possible. Pour cette raison, nous saluons la coopération entre les autorités finlandaises, libériennes et sierra-léonaises afin de mener des audiences dans les pays concernés, là où résident victimes et témoins. Ce procès constituera une étape décisive vers la justice pour les nombreuses victimes des guerres civiles du Liberia, car ce sera la première fois qu’un procès pour crimes de guerre est mené sur le sol libérien.  
 
En l’absence d’un tribunal international ou régional créé spécialement, ce sera également l’une des premières fois que différents pays coopèrent afin de permettre que la procédure judiciaire d’un pays puisse se dérouler dans un pays tiers, là où les crimes ont été commis. Cette coopération pourrait créer un précédent considérable dans la lutte actuelle pour que les responsables des pires atrocités commises dans le monde rendent compte de leurs actes.
 
La compétence universelle fournit un outil extraordinaire aux États pour étendre leur compétence pénale afin de soutenir les victimes ailleurs, lorsque la gravité des crimes présumés le justifie. C'est une voie d'application essentielle du droit pénal international, d'autant plus lorsqu'une partie de la procédure peut avoir lieu dans le pays où les crimes ont été commis", a déclaré le célèbre avocat béninois des droits de l'homme, Roland Adjovi, également membre du comité exécutif de Civitas Maxima. M. Adjovi a également souligné l'importance de la coopération entre les autorités libériennes, sierra-léonaises et finlandaises pour garantir la sécurité des victimes et des témoins lors des audiences dans leur pays :"Une protection efficace doit être garantie par ces États, en signe de leur volonté de contribuer à la lutte contre l'impunité".
 
En coordination avec l'université de Washington, l'Université de La Hayeet des juristes et avocats à Helsinki, Monrovia et Freetown, Civitas Maxima publiera, tout au long du procès, un suivi juridique quotidien pour que le public du monde entier puisse suivre ce dossier. Civitas Maxima publiera également sur son blog des contributions régulières d'universitaires, de praticiens et d'autres experts et parties prenantes afin de proposer différents points de vue et perspectives sur cet effort pionnier en faveur de la justice.

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