04/02/21 (Finlande) Deuxième jour: Présentation de l'affaire

The second day of public hearings at the Pirkanmaa District Court began with the Assistant Prosecutor delivering an overview of the Prosecution’s case. The Assistant Prosecutor began by showing various locations to make sure the Court had an overview of the crime sites. The following places were emphasized by the Assistant Prosecutor:

  • Lofa County was shown on a map of Liberia. The villages of Kamatahun Hassala and Yandohun (both located in Lofa County) were presented as the sites of the alleged murders that form the basis of Charge 4.1.3. This includes the murder of civilians who were locked inside houses which were then set on fire.
  • Le procureur adjoint a également montré d’autres cartes de villages, préparées par le Bureau national des enquêtes (Keskusrikospoliisi, KRP). Le procureur adjoint a ensuite présenté des photos aériennes, dont une dans laquelle divers sites étaient marqués, indiquant des maisons qui auraient été incendiées. Une autre photo aérienne montre une maison où l'Accusation affirme que des femmes auraient été violées. Une photo de tout le village a ensuite été présenté.
  • La capitale, Monrovia, a ensuite fait l'objet de la présentation. On pouvait y voir la rivière Mesurado et l'extrémité ouest du « vieux pont ». Le site de crimes a été mis en évidence sur une carte de Monrovia et sur une photo aérienne de la région. Les photographies de Monrovia sont liées au chef d'accusation 4.3. La base de M. Massaquoi, un bâtiment utilisé par ses troupes, était située au bord de la rivière. Le procureur adjoint a montré une photo aérienne de la base et de Waterstreet. L’Accusation a affirmé que M. Massaquoi et ses troupes auraient patrouillé dans la zone proche de Waterstreet et que six soldats y auraient été abattus sous le commandement de M. Massaquoi.
  • Une photo qui met en évidence le bâtiment dans lequel les actes couverts par le chef d'accusation 4.2 se seraient produits a été présentée. 
  • Une photo aérienne de Kamatahun Tahamba a été montrée à côté d'une carte du Libéria. Selon l'Accusation et le cgef d'accusation 4.4 (viol aggravé), M. Massaquoi aurait trouvé un civil dans la forêt tropicale entourant Kamatahun Tahamba, qu'il aurait ensuite amené à Foya et violé.
  • En ce qui concerne le travail forcé mentionné au chef d’accusation 4.5.3.2, l'Accusation a affirmé que ces actes avaient été commis à Kortuhun 1, Kortuhun 2 et Vahun (dans le comté de Lofa).     

La présentation des lieux des crimes par l’Accusation s’est terminée par une liste des actes ayant donné lieu aux accusations et des lieux où ces actes se sont produits.

Le Procureur de la République, M. Tom Laitinen, a ensuite pris le relai avec la présentation de l'affaire, dans le but d’établir le fondement juridique des accusations. M. Laitinen, à l'aide d'une présentation PowerPoint, a présenté les homicides et les crimes sexuelles. M. Laitinen a ensuite énuméré trois articles du chapitre 1 du Code pénal finlandais,dont les sections 6, 11 et 7. M. Laitinen a précisé que les « crimes de guerre aggravés » et « les violations aggravées des droits de l'homme sous l’état d'urgence » sont des crimes internationaux qui peuvent être poursuivis en Finlande quel que soit l'endroit où ils ont eu lieu.

M. Laitinen a en outre précisé que la loi finlandaise avait changé depuis que les crimes allégués avaient été commis. En tant que telle, la loi applicable étant la loi en vigueur au moment des faits. 

Les crimes ont été commis dans le contexte de la deuxième guerre civile libérienne (21 mai 1999 - 18 août 2003). M. Laitinen a noté que, pendant cette période, le Revolutionary United Front - Front révolutionnaire uni (RUF) combattait aux côtés des troupes de Charles Taylor. Selon l’Accusation, M. Massaquoi était l’un des dirigeants faisant autorité du RUF qui aurait déménagé au Libéria et qui aurait eu la capacité de commander des soldats du RUF.

Les chefs d’accusation

4.1-4.4 Meurtre et viol aggravé

The Prosecution listed the murder and aggravated rape charges, which included: murders in Kamatahun Hassala village (Lofa County), described in Charge 4.1; the murder of Monjama in Yandohun village (Lofa County), described in Charge 4.2; murders in Monrovia, described in Charge 4.3; and aggravated rapes in Kamahatun Hassala and Foya villages (Lofa County), described in Charge 4.4.

L'Accusation a expliqué que ces meurtres et viols étaient tous liés aux mêmes événements : les civils se sont mis à l'abri lorsqu'ils ont vu les troupes du RUF arriver dans leur village. Ils s'échappaient généralement. Parfois, cependant, le RUF commençait à les poursuivre ; ils ne voulaient pas de survivants. Des civils ont ensuite été brûlés et violés.

The murders in Monrovia are alleged by the Prosecution to have occurred during a later stage of war when people had settled in Monrovia. For various reasons, the RUF took civilians to its base, where they were killed. The Prosecution claimed that none of these actions had a purpose, nor was there any justification. The Prosecution highlighted that civilians must be protected from any violence.

4.5 Crimes de guerre aggravés

L'Accusation a présenté les « crimes de guerre aggravés », qui comprennent: les meurtres décrits aux chefs d'accusation 4.1-4.3; les viols à Kamatahun Hassala et Foya (comté de Lofa) et à Monrovia; le travail forcé de civils dans diverses parties du comté de Lofa; l'utilisation d'enfants soldats en vue de participer aux hostilités à Monrovia; la mutilation ou la maltraitance des restes des personnes décédées à Kamahatun Hassala (comté de Lofa); la torture à Klays; et les coups et blessures avec circonstances aggravantes à Monrovia et les coups et blessures à Kamahatun Hassala (comté de Lofa).

4.6 Violations aggravées des droits de l'homme sous l’état d'urgence

The Prosecution then noted that the charge of “aggravated human rights violations in a state of emergency” related to each of the other charges. 

L'Accusation a expliqué qu'il n'y avait généralement pas de plaignant dans les procès relatifs à des « crimes de guerre aggravés » ou « des violations aggravées des droits de l'homme sous l’état d'urgence », car ces dispositions n'existent pas en soi pour protéger les individus. Si les droits d'un individu ont été violés, cependant, cet individu peut agir en tant que plaignant.

M. Laitinen a abordé les défis liés à cette affaire, notamment : la période de temps qui s’est écoulée entre la commission des crimes et les présentes poursuites ; les différences culturelles et sociétales ; la longevité des expériences traumatisantes ; et la nécessité évidente de revoir la crédibilité au niveau individuel. M. Laitinen a souligné qu'une évaluation globale des individus et des preuves est nécessaire, ajoutant qu'il est difficile de se souvenir des détails des événements survenus il y a dix ou quinze ans, même pour lui. 

L'audience s’est terminée à 11 h 45 et a repris à 13 h.

[Pause]

La séance de l’après-midi a commencé par les déclarations liminaires de l’équipe de la Défense, M. Kaarle Gummerus, assisté de Mme Paula Sallinen. L'équipe de la Défense a déclaré son intention de démontrer que M. Massaquoi n'était pas au Libéria pendant les faits décrits par l’Accusation. Au contraire, la Défense a déclaré que M. Massaquoi se trouvait en Sierra Leone lorsque les actes incriminés ont eu lieu. À l'aide d'une présentation PowerPoint, la Défense a présenté ce qui suit : 

  • En 2000, M. Massaquoi a travaillé à Freetown (en Sierra Leone), dans la résidence de M. Foday Sankoh, et a également accompagné M. Sankoh en Afrique du Sud et en Côte d'Ivoire en février 2000. Le RUF a pris des casques bleus des Nations unies en otages en avril 2000. Une fusillade à la résidence de M. Sankoh a éclaté le 8 mai 2000 et M. Massaquoi s’est enfui à Maken. 
  • En 2001, M. Massaquoi a participé aux négociations de paix en Sierra Leone dans le cadre de la mission spéciale de l’ONU qui a commencé en janvier 2001 jusqu’à la fin de cette année. M. Massaquoi n'a visité Monrovia qu'en février. Ce voyage avait pour objectif de récupérer les biens qu'il avait laissés au Libéria, comme sa voiture. En mai, M. Massaquoi a participé à une réunion au Nigéria.
  • En 2002, M. Massaquoi a perdu la faveur des dirigeants du RUF et a été démis de ses fonctions de porte-parole du groupe. D'anciens soldats du RUF ont attaqué M. Massaquoi en mars 2002, le volant et vandalisant sa voiture. Par ailleurs, M. Massaquoi s'est vu accorder l'immunité pour avoir fourni des éléments de preuve au Tribunal spécial pour la Sierra Leone.
  • En 2005, M. Massaquoi a témoigné devant le Tribunal spécial pour la Sierra Leone.

M. Gummerus a déclaré que Civitas Maxima et son organisation sœur libérienne, le GJRP ont derrière cette affaire, notant que la police finlandaise a demandé aux ONGs des informations sur des témoins potentiels avant leur mission en Afrique en mars-avril 2020. Il a affirmé que cela réduisait la crédibilité de ces témoins. En outre, la Défense a exprimé son étonnement concernant le fait que cette affaire ait été ouverte, car le rapport de la Commission vérité et réconciliation pour le Libéria ne mentionne pas « Gibril Massaquoi », « Angel Gabriel », « Angel », « Gibril » ou « Gabriel. »

La Défense a reconnu que, dans le matériel photographique fourni par la police, une personne portant le nom de « Massaquoi » est répertoriée comme étant pertinente aux événements survenus en juillet 2003, mais ils ont déclaré que M. Massaquoi se trouvait dans un refuge pendant cette période.

De plus, le rapport ne nomme que « Junior Massaquoi », « John Massaquoi », « Mohammed Massaquoi », « Roland Massaquoi » et « x Massaquoi ».

La Défense a déclaré qu'il y avait eu des changements majeurs dans les déclarations des témoins, qui, selon eux, pourraient être le résultat du grand nombre de reportages sur le sujet. La Défense a également déclaré que cela pourrait être une conséquence de l’évocation du nom « Angel Gabriel ». 

Mr. Gummerus concluded the Defense presentation by noting that it provided vast written evidence and information about the witnesses as counter-evidence. The Defense relied on UN documentation, various media sources, and the reports of the Truth and Reconciliation Commissions for both Sierra Leone and Liberia. Moreover, the Defense claimed that Mr. Massaquoi’s witnesses are people who were very familiar with Mr. Massaquoi, his actions, and/or the actions of the RUF. In support of this contention, Mr. Gummerus showed an excel table listing all the witnesses, categorizing how the witnesses were involved in the pretrial investigation. 

L'audience s'est terminée à 13h50 et devrait reprendre le 5 février 2021 à 10h00.

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