October 20, 2022 – Day 9: Child Soldier and Battalion Commander
L’exposé des faits commis entre Foya et Solomba en 1993, au préjudice de JTC et de SFC, a continué avec l’audition de SFC.
Audition de SFC en tant que partie civile
SFC s’est présenté en indiquant qu’il était agriculteur à Foya et qu’il était âgé d’une cinquantaine d’années. Il a confirmé avoir exercé des activités de chef de village à l’époque des faits. Interrogé sur sa position par rapport à EP, il a précisé que EP était l’intermédiaire entre les soldats et les villageois et que EP lui était supérieur.
Avant de donner la parole à SFC, le Président a indiqué que SFC avait été entendu par l’adjudant-chef Peruggia le 25 février 2019 et qu’il avait été confronté à Kunti Kamara le 6 mars 2019 devant le juge d’instruction.
SFC explained that in 1993, ULIMO troops arrived in Foya on a rainy day and took over the area, which was occupied by Liberians, Sierra Leoneans and Guineans at the time. One evening, SFC was alerted to Kundi’s arrival in his area, prompting him to flee into the bush. According to SFC, Kundi was looking for labour.
One morning, bodyguards sent by Kundi knocked on the window of SFC’s room and asked him to follow them to Borma Hospital. There, the soldiers ordered the civilians to take the hospital’s power supply parts to a tractor. SFC reported that the group was then forced to push the vehicle to the Guinean border. He explained that the guards had warned the civilians that anyone attempting to escape would be executed. At nightfall, all the civilians slept in the same place. The next day, they pushed the tractor to the border. In the village of Fassapoe, the load was divided into two parts and carried manually by two groups of 25 people. SFC reported that he was the taller and stronger of the group and that Kundi was kicking him and hitting him on the head to keep him upright, as he was bending under the weight of the load. According to FCS, Kundi wanted to continue instilling fear in him and threatened to kill him and eat his heart if he did not comply. SFC added that the soldiers did not give them anything to drink. At the border, new arrangements were made for civilians to take bags of rice back to Foya, without even having time to eat, drink or rest. SFC said they then returned to their respective homes by the grace of God.
SFC said that he decided to take refuge in the bush so that he would not be forced to make another forced march. After a week, he had to return to the village to feed his children. On his arrival in Foya, he learned that a meeting had been called for the next day and that everyone was to attend. The meeting was held between the old police station and the old market place. According to him, the purpose of the meeting was to identify all the young men and put them in jail. SFC reported that one man present, who was a Jehovah’s Witness, tried to run away as he did not want to witness bloodshed. A “Papay” was accused of colluding with the rebels and was imprisoned. Kundi’s men, along with Ugly Boy and Fofana, caught 15 young men and put them in jail. SFC was spared and fled to another village that evening.
En chemin, SFC a indiqué avoir vu deux cadavres allongés par terre et scarifiés d’initiales et de symboles. Selon SFC, ces personnes ont été contraintes de boire de l’huile bouillante, car leurs intestins étaient sortis. SFC s’est dit que sa vie était menacée et souhaitait s’enfuir dans la brousse, mais sa femme préférait rester au village et prier.
SFC a ensuite raconté que les femmes étaient obligées de battre le riz alors que les hommes étaient réquisitionnés pour porter des charges jusqu’à la frontière. Selon lui, lorsqu’une femme jolie se faisait remarquer, elle était forcée à avoir des relations sexuelles. Il a raconté qu’une des sœurs d’un dénommé Joseph avait été prise comme épouse par Ugly Boy, qui l’avait forcée à avoir des relations sexuelles avec lui. Joseph a essayé de défendre sa sœur et a été tué par Ugly Boy. Lorsque les soldats de l’ULIMO ont demandé aux civils, notamment à SFC, d’enterrer Joseph, SFC a remarqué que ce dernier avait été éventré. Après l’enterrement, SFC a couru jusqu’à sa maison et a raconté ce qui c’était passé à sa femme. Cette dernière a alors accepté de prendre la fuite. SFC a expliqué que les soldats de l’ULIMO violaient les femmes à deux ou trois et que par la grâce de Dieu, sa femme n’avait pas été violée, car elle était trop laide selon lui.
He went on to say that Kundi’s men had twice taken him to the border to carry oil, while others carried coffee. The soldiers who were leading the march sang a song: “If you get tired, if you get tired, we kill you”Il a expliqué qu’ils n’avaient pas été tués car ils étaient suffisamment robustes.
SFC a ensuite raconté que le commissaire du district avait demandé à Kundi de laisser les hommes rentrer chez eux et avait rédigé un document à cette fin que Kundi a signé et tamponné. Ce document autorisait les gens à regagner leurs villages. Sur le chemin du retour, deux hommes de Kundi sont venus derrière SFC et les autres civils. Selon SFC, une femme avait une fille qui était gravement malade et qui est morte. Alors que les personnes veillaient sur la morte, Kundi et ses hommes sont venus et ont demandé qui était la mère de l’enfant. La mère s’est présentée et Kundi l’a accusée d’être une sorcière. Il lui a tiré dessus et a ordonné aux hommes de prendre des feuilles de palmiers et de brûler le corps. SFC a précisé qu’il n’était pas présent lors des faits, mais avait entendu le récit de ces événements. Il s’était rendu le soir-même à la veillée funèbre pour apporter son soutien à la famille.
Enfin, SFC est revenu sur un incident qui avait eu lieu un jour à son domicile, alors qu’il était très occupé. Kundi a demandé à voir le chef du village et ses gardes du corps sont venus chercher SFC chez lui. Ils lui ont ordonné de s’asseoir par terre et Kundi l’a frappé à la tête avec la crosse de son fusil. SFC a commencé à saigner. Un jeune garçon présent a pris la fuite et Kundi lui a tiré dessus au niveau de la cuisse. SFC et le jeune garçon ont tous deux été amenés à Foya pour recevoir des soins.
SFC a terminé sa déclaration spontanée en soulignant le nombre important d’exactions commises par Kundi à cette époque et l’impossibilité de pouvoir tout raconter à l’audience.
La Cour questionne SFC :
When asked about Ugly Boy’s role, SFC explained that he was killing people and that he was very close to Kundi. When asked to describe Ugly Boy, he described him as handsome, with skin a little lighter than the others, and strong. According to him, Ugly Boy had given himself this nickname because of his bloodthirsty behaviour.
Questionné sur Fine Boy, Mami Wata et les autres commandants de l’ULIMO, SFC a précisé que Fine Boy n’avait rien fait de mal et qu’il avait entendu dire que Mami Wata était mauvais, mais n’avait jamais été confronté à lui même s’il était à Foya. Il a ajouté que C.O. Deku venait également à Foya et qu’il était populaire car il ne recevait d’ordres de personne et commettait beaucoup d’exactions.
SFC then confirmed that he knew Kundi well and had seen him often. He stated that his presence caused him to flee into the bush. The President then recalled the physical description that SFC had given of Kundi during his hearing. He had indicated that Kundi wore a full uniform, had very ugly teeth and a small problem with his eye, was ugly and a little shorter than he was, that he inspired terror and was about 20 years old. When asked by the President about Kundi’s height, SFC said that Kundi was muscular, thin and had one eye that went to the side. He confirmed that Kundi’s hair was ugly and that he wore his hair like a woman, with braids. He stated: “When we saw him, he was the devil for us”. When asked about the weapons Kundi carried, SFC said he had heard that he carried an RPG and a G3.
Le Président lui a ensuite demandé s’il se souvenait de la personne assise dans le box des accusés et s’il s’agissait bien de Kundi. SFC a confirmé qu’il s’agissait de C.O. Kundi et que c’était lui qu’il avait vu à Foya. Il a par ailleurs confirmé que Kundi lui avait infligé des violences, notamment en le frappant à la tempe avec la crosse de son arme. Il a également confirmé que Kundi l’avait menacé, à l’instar d’autres personnes, de manger son cœur.
Invité à donner des précisions sur la chanson qu’il a évoquée lors de sa déclaration spontanée, SFC a expliqué que la chanson “If you get tired, we kill you” gave civilians the strength to continue. He confirmed that he had mentioned a forced march for the generator at Borma Hospital and that the machine used to transport the generator had tyres but no engine and had to be pushed. According to him, it was a trailer. He also confirmed that the trailer broke during the journey because the load was too heavy. The civilians therefore divided the trailer and the load into two groups of 25 persons. On questioning, he said that there were about 52-53 strong men. When asked about Kundi’s presence, SFC said that Kundi was in charge of the group during this operation and had ordered several other forced labour manoeuvres. He added that the women had to produce oil which was then transported to the border. Upon questioning, SFC confirmed that they had seen men die during these marches.
Questionné sur la réunion qu’il a évoquée précédemment, SFC a confirmé que les hommes étaient accusés d’être des rebelles. Interrogé sur les deux cadavres mutilés qu’il avait vus, il a indiqué que les soldats de l’ULIMO revendiquaient ces meurtres en disant qu’ils étaient le résultat de la répression des rebelles dans la brousse.
On questioning, SFC then clarified that the girl who was forced to have sex with Ugly Boy and who was defended by his brother Joseph, was his nephew’s daughter. According to SFC, Joseph was killed by Ugly Boy in the presence of Kundi. He said that sexual slavery was widespread in Foya, and that he had heard several accounts of women being abused. He confirmed that women were used by ULIMO to produce palm oil, to thresh rice and to have forced sex.
Invité à confirmer ses déclarations selon lesquelles Kundi était entouré de quatre gardes du corps, SFC a expliqué que Kundi avait beaucoup de gardes du corps, parfois même entre 10 et 20 lors de ses déplacements. Sur question, il a confirmé que Kundi était un chef important et a déclaré que personne à Foya n’avait de contrôle sur ses agissements. Ils avaient l’habitude de l’appeler battlefront commander. Selon SFC, il était autonome et pouvait tuer qui il voulait sans avoir à rendre de comptes à personne. SFC a ajouté que Kundi était un homme puissant, qui a détruit beaucoup de vies et de biens matériels à Foya.
When asked about the practice of removing organs, which he mentioned during his hearing, SFC said that he had not witnessed such acts, but had heard about them. However, he said that he noticed that Joseph had no intestines when he was buried. He added: “When we had access to the bodies, we regularly saw that the organs had been removed”. According to him, these atrocities were aimed at decimating the Kissi population and had no connection with ULIMO’s opposition to the NPFL. The President summarized SFC’s statement by saying that the abuses committed were against civilians who were not engaged in the war. SFC stated that during the NPFL occupation, villagers had continued to live normally, but that this had changed completely with the arrival of ULIMO.
Sur question d’une jurée, SFC a indiqué qu’il n’entendait plus correctement depuis le jour où Kundi l’avait frappé à la tempe avec sa crosse de fusil. Interrogé sur les initiales qu’il a vus sur les cadavres, il a précisé qu’il ne savait ni lire ni écrire et qu’il avait vu uniquement des signes inscrits sur les corps.
La partie civile questionne SFC :
Sur question, SFC a confirmé avoir été frappé par Kundi durant la marche forcée du générateur de l’hôpital de Borma. Le témoin a mimé des coups de pied et des coups dans le dos, et précisé que Kundi s’était saisi d’une branche de manguier pour le frapper dans le dos. Il a ajouté qu’il avait encore des douleurs à la suite de ces mauvais traitements.
When asked about Ugly Boy’s nicknames, the witness said he did not remember them. Counsel for the prosecution then asked him if he remembered the nickname “Saah Chuey». Le témoin s’en est souvenu et a expliqué que ce surnom avait trait à sa pratique consistant à extraire le cœur à l’aide d’une hache. Il a précisé ne pas avoir été témoin de ces faits, mais en avoir entendu le récit.
Upon questioning, FCS indicated that they had buried several bodies, including Joseph’s.
Counsel for the prosecution asked the witness if any of Kundi’s bodyguards were children. The witness said some were tall, some shorter, and added that some were young “but not that young.
Interrogé sur Alhaji Kromah, SFC a indiqué qu’il était le chef suprême des ULIMO. . L’avocate des parties civiles a précisé sa question en demandant au témoin de quelle façon Kromah s’était comporté après la guerre. Le témoin a expliqué qu’après le désarmement, Kromah avait brigué le mandat de président du pays. Il a ajouté qu’il avait fait campagne et demandé aux gens de voter pour lui. Selon SFC, Kromah a amené des vaches, mais la population n’a pas accepté son cadeau. Ils lui ont dit qu’ils n’allaient pas voter pour lui vu tout le mal qu’il avait causé à la population.
Invited to address the Court, SFC began by expressing its appreciation for the welcome it had received and thanked the Court for making such arrangements, as the acts committed during the war were not minimized here, unlike in Liberia. SFC also thanked all the people who took care of them, including Kundi’s lawyers and his own. He concluded by saying, “May God grant you prosperity in this country.
Le Ministère public questionne SFC :
Les avocates générales ont commencé par demander au témoin si la marche du générateur de l’hôpital de Borma avait eu lieu longtemps après l’arrivée des ULIMO dans la ville de Foya. SFC a estimé que la marche avait eu lieu environ un mois après leur arrivée. Sur question, il a confirmé que la marche avait eu lieu durant la saison des pluies et que sa destination finale était Solomba.
Interrogé sur les dispositions prises par Kundi à leur arrivée à Solomba, le témoin a expliqué que Kundi avait pris contact avec les personnes qui devaient acheter le générateur et que pendant ce temps, d’autres personnes traversaient avec des sacs riz. Sur question, SFC a confirmé que les marchandises étaient disposées dans des embarcations pour traverser la rivière. Il a également confirmé avoir été capturé chez lui au petit matin pour faire cette marche.
Les avocates générales sont ensuite revenues sur les déclarations de l’un des témoins à teneur desquelles les ULIMO avaient instauré un couvre-feu afin de pouvoir retrouver les gens à leur domicile et les réquisitionner pour les marches forcées. SFC a confirmé que c’était ce qui se produisait. Il a expliqué qu’aussitôt le couvre-feu déclaré, les hommes qui avaient l’autorité se présentaient dans les maisons pour attraper les civils de force.
When asked about the ULIMOs’ phrases “Till go” and “Any bush shake, your heart,” le témoin a confirmé que les soldats chantaient ces chansons derrière eux alors qu’ils portaient les charges. Sur question, il a confirmé les avoir entendues.
Questionné sur la façon dont certaines personnes avaient perdu la vie durant les marches, SFC a expliqué qu’il n’avait pas assisté aux exécutions, mais avait entendu dire que ceux qui étaient trop fatigués étaient tués. Il a précisé avoir effectué quatre marches dont deux sous le commandement de C.O. Kundi. La première consistait à transporter le générateur électrique et la seconde des vivres, du café et de l’huile de palme.
The General Counsel then went back to SFC’s estimate of Kundi’s age, which indicated that he was approximately 20 years old at the time of the incident. SFC reiterated that this was an estimate and that Kundi may have been 25 years old. Asked whether one could be young and have responsibility and be impressive to civilians, SFC replied that Kundi had impressive power. He explained that because he was armed, everyone was afraid and no one could resist.
On questioning, the witness said that the women threshed rice for the soldiers’ families and that a stock was built up to be sold in Guinea.
Interrogé sur l’installation des ULIMO dans les maisons des civils, le témoin a précisé qu’ils prenaient les maisons de force. Il a ajouté que lorsque les ULIMO arrivaient, la population fuyait dans la brousse et les soldats prenaient possession des maisons vides. SFC a expliqué que les civils n’avaient pas le choix et qu’ils étaient des esclaves.
When asked about C.O. Kundi’s place of residence when he was in Foya, FCS indicated that he remembered where Ugly Boy resided [i.e. Darma Road], mais qu’il ignorait où résidait Kundi. Il a ajouté que C.O. Kundi venait régulièrement à Foya pour patrouiller. Sur question, le témoin a précisé que lorsqu’il parlait de Foya, il faisait référence à Foya City, la grande ville.
Invité à se déterminer sur ses déclarations lors de sa confrontation avec Kunti Kamara, au cours de laquelle il a indiqué, sur question de l’avocat de l’accusé, qu’il n’avait pas de photos de Kunti Kamara, SFC les a confirmées. Sur question des avocates générales, il a par ailleurs confirmé qu’il n’avait pas d’appareil photo à l’époque.
Interrogé sur l’absence de dépôt de plainte au Libéria, SFC a expliqué qu’il ne savait pas où Kundi se trouvait après le désarmement et qu’il n’avait pas les fonds nécessaires pour porter plainte.
La défense questionne SFC :
Defense counsel returned to the witness’ identification of Kunti Kamara. She recalled that SFC was questioned by Chief Warrant Officer Peruggia and that no photographic plate was shown to him. She asked SFC to confirm that the first time he was asked to identify Kunti Kamara was during his confrontation with him before the investigating judge on March 6, 2019. The witness confirmed that no photo was presented to him when he was questioned by investigators. However, he said he recognized Kundi very easily, as he had not forgotten the face of the man who had inflicted the treatment on him.
Defence counsel read out FCS’s description of Kunti Kamara and stated that she did not notice any of the details described by FCS in the accused (i.e. dents et cheveux moches, œil qui part vers l’extérieur). Invité à confirmer qu’il était sûr de reconnaître Kunti Kamara, SFC a acquiescé.
Interrogé sur la façon dont les pièces du générateur avaient été divisées après que la remorque s’est cassée, le témoin a expliqué que les soldats étaient outillés pour démanteler l’équipement. Les soldats de l’ULIMO avaient donc procédé rapidement à la séparation du matériel.
L’avocate de la défense s’est étonnée que des pièces suffisamment lourdes pour casser une remorque aient ensuite été transportées sur des canoës. Interrogé à cet égard, le témoin a expliqué que même des voitures pouvaient être transportées d’une rive à l’autre. Cette réponse a suscité l’étonnement de l’avocate de la défense.
Invité à confirmer que lorsque le NPFL était présent, tout se passait très bien, le témoin a expliqué que les civils vivaient normalement, en dehors du fait que le NPFL prenait parfois leurs animaux. L’avocate de la défense a souligné que certains témoins avaient déclaré que c’était terrible sous le NPFL.
Présentation de documents et pièces tirés du dossier. Remise en situation de SFC.
La Cour questionne SFC :
Le Président a commencé par présenter des vues aériennes, notamment de la Borma Mission et de l’endroit où la remorque a cassé. Des photos et croquis de la rivière et de l’emplacement des pirogues ont ensuite été projetés.
Sur question du Président, SFC a expliqué qu’il s’agissait de la Makona River. Le Président a demandé au témoin s’il connaissait la Po River et ce dernier a répondu qu’il connaissait uniquement la rivière Makona, à la frontière entre la Guinée et le Libéria.
Questionné sur les embarcations utilisées pour traverser la rivière, le témoin a expliqué qu’ils utilisaient des embarcations plus ou moins spacieuses en fonction de ce qu’ils transportaient. Sur question, SFC a indiqué qu’il n’avait pas vu d’embarcations avec des bidons sur les côtés.
Interrogé sur la photographie d’une maison, le témoin a indiqué qu’il s’agissait de la maison où il dormait lorsque les soldats envoyés par Kundi sont venus le chercher pour transporter le générateur. Il a précisé qu’ils avaient passé une colline pour aller à l’hôpital de Borma.
Le Président a ensuite montré au témoin une photographie de l’endroit où se trouvait le générateur. Il a précisé que la construction actuelle n’était pas la même qu’à l’époque. Questionné à cet égard, le témoin a confirmé que la construction de l’époque était similaire à la construction actuelle. Sur question, SFC a par ailleurs confirmé que Kundi était présent.
Un croquis de la remorque sur laquelle le générateur a été déposé a ensuite été présenté à la Cour. Interrogé à ce sujet, SFC a expliqué qu’il s’agissait d’une remorque que quelqu’un tenait à l’avant pendant que les autres tiraient la partie qui était normalement tirée par un véhicule. Le témoin a ensuite précisé qu’elle avait des pneus et qu’elle était assez grande.
Des clichés de la maison où les civils ont dormi, du lieu où la remorque a cassé ainsi que de la maison où ils sont allés chercher des planches pour porter le générateur sur les épaules ont ensuite été projetés. SFC a expliqué que c’était plus dur pour lui de porter sur l’épaule que sur la tête, car il était plus grand que les autres. Il a ajouté s’être fait frapper à plusieurs reprises.
Le Président a présenté une photographie des rives de la rivière Makona, sur laquelle des pirogues sont visibles. SFC a indiqué que les pirogues sur la photo ressemblaient à celles utilisées à l’époque, mais a précisé qu’il n’avait pas assisté à la traversée du générateur. Sur question, il a indiqué que les civils n’étaient pas autorisés à traverser la rivière.
La partie civile n’a pas eu de questions. Le Ministère public non plus.
La défense questionne SFC :
L’avocate de la défense a interrogé le témoin sur le nombre de personnes nécessaires pour porter le générateur. Le témoin a précisé qu’il fallait 10 à 25 personnes de chaque côté en fonction de ce qui était transporté. Il a ajouté que les rondins de bois avaient été attachés ensemble pour former une plateforme sur laquelle le générateur avait été déposé.
Interrogé sur la manière dont ils pouvaient avancer en rythme avec 10 personnes de chaque côté, le témoin a expliqué que le trajet s’était effectué sur une durée de dix heures et que les plus grands portaient les charges sur les épaules et les plus petits sur la tête.
* * *
Le Président a avisé les parties que le témoin SB, qui devait être entendu ce jour, ne pratiquait que le dialecte Kissi et que l’unique interprète en Kissi avait fait défaut et se trouvait actuellement en Belgique. Compte tenu de l’interdiction formelle d’utiliser les services des témoins et des parties civiles, l’audition de SB a été reportée au lendemain.
S’agissant du témoin Abraham Towah, qui devait également être entendu ce jour, le Président a rappelé qu’il était trop tard pour délivrer un mandat d’amener en Suisse et a sollicité l’avis des parties. Les parties ont convenu de passer outre l’audition d’Abraham Towah et de se contenter de la lecture d’un certain nombre de passages de son audition par les autorités suisses.
Lecture de l’audition de Abraham Towah
The President recalled that Abraham Towah had been called as a defence witness in the trial of Alieu Kosiah. The President said that Abraham Towah was a Muslim and currently a political refugee in Switzerland. However, his application for asylum had apparently been rejected. The President read out certain elements of Abraham Towah’s hearing of 17 June 2015, which appear to be useful for the determination of the truth in this trial.
La Cour procède à la lecture de certains passages de l’audition d’Abraham Towah par les autorités suisses :
When asked about his travels abroad before coming to Switzerland, he indicated that this was his first time in Europe and that he had been to Sierra Leone, Guinea and the Gambia. He stated that his village was called Towah’s Town because it was founded by his grandfather, and that ULIMOs had entered Todi District in 1992. It was at that time that he left Todi District with the ULIMOs and met Alieu Kosiah, who was one of the commanders of the ULIMOs. He added that when he joined the ULIMO group in 1992, Alieu Kosiah took him on as a child soldier. He took care of him and Abraham Towah considered him as his father.
Questionné sur la pratique du tabé, il a indiqué que le groupe ULIMO pratiquait le tabé à Todi Barracks et qu’il avait également vu des soldats ULIMO pratiquer le tabé à Voinjama, Zorzor, Foya et Salayé. Les personnes tabées étaient pour certaines des civils et pour d’autres des soldats NPFL capturés. Selon Abraham Towah, parfois les civils étaient attachés et torturés et parfois les soldats les laissaient aller s’ils voyaient qu’ils n’étaient pas des soldats NPFL. Il arrivait que des personnes tabées décident de rejoindre l’ULIMO. Abraham Towah a ajouté que la fois où il avait vu le tabé à Foya, Alieu Kosiah était présent, mais n’y avait pas assisté. Le tabé s’est passé au quartier-général de l’ULIMO, à l’extérieur du bâtiment. En tant que small soldier, Abraham Towah informait Kosiah lorsqu’il voyait quelque chose de mal. S’il rapportait à Kosiah que quelqu'un avait été tabé, ce dernier allait souvent discuter avec les soldats pour qu’ils libèrent les personnes.
Interrogé sur Kundi, Abraham Towah a indiqué qu’il le connaissait et que c’était aussi un ancien combattant ULIMO. Il a ajouté qu’ils avaient passé du temps ensemble à Voinjama et à Foya. Kundi l’avait vu lors d’une visite à Lola, en Guinée, où il avait des parents, et ils sont rentrés ensemble de Lola à Voinjama. Selon l’intéressé, Kosiah et Kundi se connaissaient très bien comme anciens soldats ULIMO et Kosiah était un senior officer de Kundi.
When asked about Ugly Boy, Abraham Towah said he knew him very well. He indicated that Ugly Boy was also a former ULIMO fighter, from the Mandingo ethnic group. Abraham Towah did not spend time with him, but they knew each other as ULIMO fighters. He stated that he did not know his rank and that he was in Foya. Abraham Towah first met Ugly Boy in Voinjama and then met him again in Foya. According to him, Ugly Boy and Kosiah knew each other very well and Kosiah was Ugly Boy’s senior officer de Ugly Boy. Ils ont combattu ensemble sur la ligne de front. Il a ajouté que Ugly Boy était mort en prison en Guinée, après la guerre. Il a commis des actes criminels et a été arrêté et emprisonné par le gouvernement guinéen. A la question de savoir si Ugly Boy avait aussi commis des actes criminels au Libéria pendant la guerre, Abraham Towah a répondu qu’il l’avait seulement connu comme combattant ULIMO.
When asked about the location of the S2 office in Foya, the person concerned said that he did not know where the S2 office was located since he was only passing through Foya. Upon questioning, he indicated that he stayed with friends when he was in Foya. He added that sometimes he slept in Kundi’s house while Kosiah slept at the headquarters where Deku was. Abraham Towah said that since Kundi was his friend, he had gone to his house several times, even when another house had been made available to them. On questioning, he said that Kosiah had slept at the headquarters at Deku’s house until he was given a place where they all stayed.
A la question de savoir si Kundi était un garde du corps de Kosiah, Abraham Towah a répondu par la négative en indiquant que Kundi, comme Kosiah, commandait une compagnie et était capitaine. Il a ajouté que Kosiah avait été promu de capitaine à colonel et que Kundi avait été promu major.
Le Président a conclu en précisant que l’intéressé avait reconnu Kromah, Mohammed Tebbe, Alieu Kosiah et un certain Cobra sur photo. Des photographies d’enfants soldats lui ont également été présentées et il a indiqué que le plus âgé avait 13 ans et le plus jeune 9 ans.
La partie civile procède à la lecture de certains passages de l’audition d’Abraham Towah par les autorités suisses :
Interrogé sur Alieu Kosiah, Abraham Towah a déclaré que ce n’était pas le seul commandant présent et qu’il y avait d’autres commandants au-dessus de lui, y compris le bataillon commander Jungle Jabah. According to him, Kosiah played an important role in saving their lives. Abraham Towah recounted that after the fighting, the ULIMO commanders took 100 to 200 people out of the buildings and lined them up outside. They asked everyone questions. According to the person concerned, the people who answered well were put on one side and the others on the other. The ULIMO commanders asked them who the NPFL commanders were and if anyone had any connection with them. Abraham Towah explained that it was to find out whether the people were members of the NPFL or not, since they had found them in one of the main barracks. Those who would not answer the questions correctly were tortured. Sometimes the ULIMO commanders tied their arms with a rope behind their backs, sometimes they laid them on the ground and beat them with the butt of their gun. According to him, they wanted to know who was who and if there were any NPFL soldiers among the civilians. On questioning, Abraham Towah said that the way they were tied up was also called tabé and that he had witnessed the arrival of the ULIMO at Camp Todi. He said that he himself was not tied or beaten and did not know why he was spared, but that perhaps it was God’s will. According to him, Alieu Kosiah arrived while the ULIMOs were asking questions.
Abraham Towah a ensuite précisé qu’il n’était pas assigné à un frontline commander spécifique et qu’il y avait différents frontline commanders.Selon lui, cela pouvait changer d’un jour à l’autre, en fonction de la ligne de front sur laquelle ils se rendaient, dans la mesure où chaque front avait son commandant. Il a précisé qu’il avait eu Abu Keita et Pyj et qu’il avait aussi été sur le front aux côtés de Pepper & Salt qui était frontline commander.
Interrogé sur son rôle auprès d’Alieu Kosiah, Abraham Towah a déclaré qu’il était son garde du corps et que lorsqu’ils allaient au front ou à n’importe quel autre endroit, il s’y rendait en premier pour inspecter la zone. De même, il prenait la nourriture que les femmes avaient préparée pour Kosiah et la goûtait avant que Kosiah la mange. En somme, son travail consistait à garantir qu’Alieu Kosiah soit en sécurité.
When asked about the acronyms “SBU” and “RTO”, he stated that “SBU” stood for “small boy unit” and “RTO” stood for les bodyguards. He stated that he did not know the meaning of the acronym “RTO”. On questioning, he said that SBUs were also fighters and that all factions, NPFL and ULIMO, had SBUs. According to him, all teenagers within ULIMO were considered SBUs. He confirmed that he himself had been classified as an SBU, as he was a child, and stated that all children fell into the SBU category. He was therefore an SBU with the specific function of an RTO. According to him, not all SBUs were RTOs, but they were all soldiers.
Interrogé sur les marches forcées, Abraham Towah a indiqué qu’il n’avait jamais vu cela et n’en avait jamais entendu parler, avant de déclarer que toutes les factions l’avaient fait.
L’avocate de la défense est intervenue pour donner lecture d’un élément de la réponse donnée par Abraham Towah concernant les marches forcées. Ce dernier a déclaré que les transports s’étaient fait en voiture et que les générateurs étaient déjà à Foya et Zorzor. Selon lui, les civils les ont seulement aidés à charger les générateurs dans les voitures à Zorzor ou Foya, puis le transport s’est fait en véhicule par la route.
L’avocate des parties civiles a poursuivi les lectures sur les marches forcées. Abraham Towah a déclaré que les civils transportaient jusqu’à Solomba, jusqu’au bord de la rivière Makona, et des bateaux type canoë venaient chercher la marchandise pour l’amener de l’autre côté. L’avocate des parties civiles a poursuivi les lectures sur les marches forcées. Abraham Towah a déclaré que les civils transportaient jusqu’à Solomba, jusqu’au bord de la rivière Makona, et des bateaux type canoë venaient chercher la marchandise pour l’amener de l’autre côté.
Les avocates générales ont cité un passage complémentaire dans lequel Abraham Towah a indiqué que les canoës étaient très grands et qu’il était possible d’en mettre deux ensemble pour transporter une voiture. Selon lui, les canoës étaient manœuvrés à la rame et étaient fabriqués à partir de troncs d’arbres creusés qui flottaient.
L’avocate des parties civiles a poursuivi les lectures. Interrogé sur son rôle lors des marches forcées, l’intéressé a déclaré qu’il n’allait pas mentir et a confirmé qu’il y avait participé. Il a indiqué se souvenir de transports faits de Foya à Solomba et a ajouté qu’à l’époque, ils devaient se débrouiller eux-mêmes car ils n’étaient pas payés et étaient pauvres.
Questionné sur les atrocités commises par l’ULIMO consistant à découper des cadavres et déposer les morceaux dans des brouettes en obligeant les civils à en acheter, Abraham Towah a indiqué avoir entendu parler de ces faits, mais ne pas y avoir assisté. Il a rappelé être arrivé à Foya 2 ou 3 mois après la prise de la ville.
A la question de savoir si lorsque les ULIMO étaient en opération, les civils pouvaient connaître le nom du commandant responsable, Abraham Towah a répondu que pendant les combats, les civils fuyaient et ne s’occupaient pas de savoir qui commandait. En revanche, lorsque les ULIMO avaient capturé une ville depuis une ou deux semaines, tout le monde connaissait le nom du commandant. Sur question, il a indiqué que durant les transports de marchandises, les civils ne pouvaient pas se souvenir des noms de tous les commandants qui organisaient ces transports. A la question de savoir si lors des transports de marchandises, les soldats ULIMO traversaient la frontière guinéenne avec leurs armes, l’intéressé a répondu par la négative et précisé qu’ils ne pouvaient pas traverser avec les armes et qu’ils les laissaient avant la frontière à d’autres soldats ULIMO. Il a ajouté qu’ils ne combattaient pas en Guinée et que les soldats guinéens les fouillaient avant qu’ils puissent traverser la frontière. Il a précisé que Solomba était le dernier point avant la frontière depuis Foya.
A la question de savoir si d’autres big men a Lofa avaient small soldiers leur groupe, Abraham Towah a répondu que tous les big men a Lofa avaient small soldiers qui leur étaient assignés, y compris Alhaji Kromah. Selon lui, tous les commandants de l’ULIMO avaient des small soldiers small soldiers avec eux.
Interrogé sur le temps qu’il a passé à Foya, il a indiqué qu’il ne s’en rappelait pas exactement, mais pensait y être resté 4 mois. Il a précisé qu’il faisait des allers-retours et que c’était en 1994-1995 pendant la période des pluies. Sur question, il a précisé qu’il lui arrivait de rester quelques jours à Foya lors de cette période d’allers-retours, parfois même entre 1 et 2 mois. Il a également indiqué que pendant qu’il était à Foya, Deku était le commandant et que Deku était plus haut gradé que Kosiah.
The Public Prosecutor’s Office read out certain passages from the hearing of Abraham Towah by the Swiss authorities:
He spoke about the effects of the war on child soldiers. In this regard, he indicated that the war has affected many Liberians, including himself. Because of the war, many young people in Liberia cannot do anything for themselves. He added: “We, the Liberian youth, are angry with those who brought the war, including the commanders who took us to the front lines because they used us and we did not know what we were doing. We are victims of people who abused us and took advantage of us. Take me as an example. Look at how old I am, I am disabled because of the war. The war in Liberia has not been good for us.
Sur les raisons pour lesquelles il a rejoint l’ULIMO, Abraham Towah a expliqué qu’il n’avait pas été le seul à avoir eu la vie sauve après avoir été capturé par les ULIMO. Ils ont été nombreux et plusieurs, dont lui-même, ont rejoint volontairement les ULIMO en raison des avantages. Selon lui, les avantages étaient de ne pas voir sa sœur se faire violer sous ses yeux, de ne pas voir son frère se faire tuer sous ses yeux, de ne pas devoir porter des charges. Il a ajouté que c’était aussi plus sûr pour sa propre vie de porter une arme.
La défense procède à la lecture de certains passages de l’audition d’Abraham Towah par les autorités suisses :
Sur question, Abraham Towah a indiqué qu'il n'avait ni été recruté par les NPFL ni été membre des NPFL et qu’il avait uniquement été recruté par les ULIMO. Selon lui, quand les NPFL arrivaient dans les villages, il leur arrivait de tuer des poules, de battre et violer les civils ou encore de les obliger à transporter des charges sur leurs têtes. Il a ajouté qu’il se souvenait qu’un commandant NPFL voulait avoir une relation sexuelle avec sa grande sœur. Compte tenu du refus de cette dernière, le combattant l’a battue sous ses yeux. Il a ajouté qu’ils étaient de simples civils et ne pouvaient rien faire contre les NPFL. Il a lui-même été forcé à 5 ou 6 reprises à porter des charges par les NPFL, car ils étaient armés.
Interrogé sur les raisons qui l’ont poussé à prendre les armes contre le NPFL, Abraham Towah a expliqué qu’il voulait défendre son pays contre les destructions, les viols et les meurtres perpétrés par le NPFL.
Point de situation sur l’audition du témoin NS
Regarding witness NS, who was hospitalized, the president said that according to the Paris Aide aux Victimes association, the witness’ health was not improving and that a rapid return to Liberia was recommended. The civil parties’ lawyer asked for a few days’ delay to determine whether NS wanted to be heard. NS’ case was therefore reserved.
Lecture de l’audition du témoin Omaru Musa Kelleh
L’avocate de la défense a proposé de procéder aux lectures concernant Omaru Musa Kelleh. Le Président a acquiescé et précisé qu’il existait deux documents concernant ce témoin : le procès-verbal de l’audition réalisée par le juge d’instruction le 12 janvier 2020, ainsi que le procès-verbal de l’audition réalisée le 9 septembre 2017 par les autorités suisses.
The Public Prosecutor’s Office read out the full minutes of the hearing of Omaru Musa Kelleh conducted by the investigating judge on 12 January 2020:
On questioning, Omaru Musa Kelleh confirmed that he was now blind and that he had been the commander of the Alligator Battalion. Asked about Kunti Kamara’s role in ULIMO, he said that Kunti Kamara was a child soldier, adding that he was small but could fight. Asked about his statements to the Swiss authorities that Kunti Kamara was a commander, Omaru Musa Kelleh said he did not say that Kunti was a commander, but that he was called to be with the commander.
Le juge a ensuite indiqué au témoin que Kunti Kamara avait expliqué qu’il était battlefield commander. Le témoin a déclaré qu’en 1992, Kundi était venu en tant que soldat de l’ULIMO pour défendre une religion maltraitée. Comme il l’a défendue, il est devenu commandant et Omaru Musa Kelleh était son commandant car Kundi était dans son bataillon. Selon lui, Kundi a obtenu le grade de 4e colonel in his ranks. In 1994, Kundi was a commander and was sent to Gbarnga for a mission because that was the location of Taylor’s base. During the battle, ULIMO ran out of ammunition and Kundi was sent to fetch some. So he left Gbarnga and went to Voinjama in Lofa. He then returned to Gbarnga with arms and ammunition, which enabled ULIMO to secure the area. Kundi then requested permission to return to Lofa to rest. He left for Kolahun before returning to Foya. According to Omaru Musa Kelleh, when the RUF attacked ULIMO in Foya, Kundi was there to bring the situation under control.
Omaru Musa Kelleh went on to say that when Foya’s oldest, named TT, was arrested, all of Liberia knew about him. When the United Nations went to pick him up and bring him to Monrovia, Kundi said the mission was accomplished. Foya was secured and Kundi went to find Omaru Musa Kelleh in Gbarnga. Kundi told him, “General there was an incident without your knowledge but I have it under control. I want to go to Voinjama to return to Guinea and see my family for a while. According to Omaru Musa Kelleh, Kundi left for Voinjama and returned to Guinea to see his family. The president of the Republic of Guinea Lanssana Conte personally called Kundi and General Langasa. When the NPFL rebels crossed Guéckédou, Kundi was a commander and went with the Guinean military to successfully fight the NPFL rebels. The Guinean President called them to Conakry and asked them what he could do for them to reward them. Some said they wanted to travel, others asked for money. Kundi decided to leave the country and travel, which brought him to France.
Le témoin est ensuite revenu sur les années 1992-1993 et a indiqué que Kundi était spécialement avec lui dans le comté de Bomi. Il a précisé qu’il avait été lui-même chargé par l’ULIMO de prendre le district de Todi et que cette mission avait duré 6 mois. Ses combattants au front, dont Alieu Kosiah, étaient avec lui. Kundi et Kosiah étaient ses battlefield commanders. Ils ont pris les villages de Neyma et de Kantan, puis les 3 camps de Todi. Ils ont pillé des armes automatiques et des camions et ont décidé d’ouvrir la route bitumée qui était barrée par le NPFL. Ils se sont battus avec les forces de l’ECOMOG pendant une journée et une nuit, puis ont négocié car les troupes de l’ECOMOG étaient mieux équipées.
Ils ont ensuite reçu l’ordre de prendre la ville de Kakata, mais ont objecté que leur chef Alhaji Kromah devait être informé et que la décision devait lui revenir. Ils sont allés à la base de l’ECOMOG au port et Alhaji Kromah s’est entretenu avec le chef de l’ECOMOG. A l’issue de la réunion, Kromah leur a ordonné de faire ce que l’ECOMOG avait demandé. L’ECOMOG s’est donc déployée à Kakata.
Le témoin a raconté que Kundi et Kosiah lui avaient demandé la permission de faire des affaires et il a accepté. Ils lui ont expliqué que leurs poches étaient vides et qu’ils souhaitaient prendre l’huile de palme pour l’emmener en ville et la vendre. Omaru Musa Kelleh leur a donné le feu vert en leur disant de ne pas prendre d’armes car la région était pacifiée.
When asked about Kundi’s promotion as a 4e colonel, le témoin a indiqué que c’était Kromah qui décidait des promotions et que lui avait simplement recommandé Kundi. Sur question, il a confirmé que Kundi était un bon soldat.
Asked about Kundi’s personality, Omaru Musa Kelleh said he was very obedient and had a good character. He had a good attitude and was respectful. He added that Kundi never stopped in front of him to insult him and that no civilian ever came to him to complain about Kundi. According to him, Kundi never harassed people.
Asked to explain Kundi’s role as a batteflied commander, Omaru Musa Kelleh said Kundi always asked to go with the military to bring the areas under control. He said sometimes there were untenable fighters, others were fearful, and others said they would never use weapons. According to Omaru Musa Kelleh, Kundi was there to keep the situation under control and defended the witness’s position as commander in chief. He added that a colonel could never attack a group or individual without an order from his commander.
When asked about the alleged torture of civilians by Kundi in Foya in 1993-1994, Omaru Musa Kelleh said: “Between 1993 and 1994, if someone tells you that Kundi did such evil, he has lied to you. I was the commander of Kundi”.
Questionné sur ses déclarations selon lesquelles Kundi aurait collaboré avec l’ennemi, le témoin a expliqué qu’il y avait eu un incident dans l’organisation et que certains militaires avaient eu l’intention de former leur propre groupe. Kundi a été envoyé pour mettre la situation sous contrôle. Selon le témoin, cela avait poussé TT à quitter la brousse. Il a ajouté que Kundi n’avait jamais quitté l’ULIMO et que ceux qui avaient voulu quitter l’ULIMO et former leur propre groupe à Foya ont fui en Guinée lorsque Kundi est arrivé. Parmi les traîtres, il y avait Pepper & Salt, le général Varmuya Sherif. Kundi a été envoyé pour les chasser du pays et il l’a fait. Omaru Musa Kelleh a ajouté qu’il ne comprenait dès lors pas à quelle trahison il était fait référence puisque Kundi n’avait jamais trahi.
A la question de savoir si Kundi avait des gardes du corps, le témoin a répondu qu’il en avait et que les bons combattants avaient beaucoup de gardes du corps, contrairement aux mauvais combattants.
When asked about Kundi’s use of the tabé method, the witness replied, “On whom? When there is a war, all civilians flee to the forest. He then stated before God that Kundi never used the tabé method and never allowed a soldier to tie up a civilian with the tabé method. According to him, Kundi had mercy on the people.
When asked about Ugly Boy and Pepper & Salt, Omaru Musa Kelleh said they were both dead. He said Ugly Boy’s surname was Sherif and Pepper & Salt left ULIMO and joined the NPFL, which led him to his grave. As for Ugly Boy, he went to harass people in Guinea and was killed in N’Zerkore.
When asked about the ages of Kundi’s bodyguards, the witness said they were between 18 and 26 years old.
Questionné sur les commandants Deku et Fine Boy, Omaru Musa Kelleh a déclaré qu’il connaissait Deku et que Fine Boy était un commandant 4ème colonel commander. According to him, Deku, Fine Boy and Kundi were not together because Kundi was not part of their group. He added that Fine Boy and Deku were harassing people in Foya, constantly bothering civilians and had never been to a battle in the frontline. He said that both of them had died and that Deku had been killed by Taylor’s troops.
A la question de savoir où se trouvaient Abraham Towah et Lamine Kenneh, Omaru Musa Kenneh a indiqué qu’il pensait qu’ils avaient quitté Monrovia.
Le juge a mentionné au procès-verbal que le témoin chantait une chanson à sa propre gloire dans laquelle il prétend qu’il dit toujours la vérité.
La Cour procède à la lecture de certains passages de l’audition d’Omaru Musa Kelleh par les autorités suisses :
Invité à décrire l’apparence d’Alieu Kosiah, Omaru Musa Kelleh a déclaré qu’il avait des yeux plutôt grands et qu’il était un peu plus grand que lui. Il était très musclé et avait une carrure imposante. Il a ajouté qu’il jouait au football et avait les cuisses musclées.
L’intéressé a ensuite expliqué son rôle pendant la guerre et indiqué que sa mission portait sur 3 comtés (Bomi, Bong et Margibi). Il a instruit ses fighting commanders, dont le général Kosiah en leur disant que si un ennemi était capturé, il ne fallait pas lui tirer dessus, mais le lui amener. Selon lui, tous les territoires capturés étaient gardés sous contrôle pendant 7 jours avant de les remettre aux forces de maintien de la paix de l’Afrique de l’ouest. Une fois les territoires remis aux forces de maintien de la paix, les ULIMO n’avaient plus le commandement sur les civils. S’ils souhaitaient faire travailler les civils pour eux et que ces derniers refusaient, ils étaient punis par les forces de maintien de la paix s’ils les forçaient. Un jour, Kosiah lui a dit qu’il voulait déposer les armes et redevenir civil. Omaru Musa Kelleh lui a dit qu’il ne lui donnerait l’ordre de déposer les armes que s’il lui ramenait des "boys" de la brousse, ce que Kosiah a fait.
Interrogé sur Kundi, l’intéressé a expliqué que Kundi était “commander”, mais qu’il avait collaboré avec l’ennemi, le général Langassa. Kundi et Mohamed Sheriff voulaient renverser le général Alhaji Kromah. Kundi a néanmoins pris peur et s’est enfui en Guinée. Sur question, l’intéressé a précisé que c’était Mohamed Sheriff qui avait convaincu le colonel Langassa de se retourner contre les ULIMO. Ils devaient former leur propre faction pour tuer Alhaji Kromah, mais ils se sont dit qu’il fallait d’abord tuer Omaru Musa Kelleh sinon ils n’auraient aucune chance.
Questionné sur Deku, Omaru Musa Kelleh a déclaré qu’il s’appelait Action Deku et que son nom complet était Action Deku Musa Kamara. Son nom de guerre était Deku. L’intéressé a également indiqué qu’il était décédé et qu’il était un combattant de l’ULIMO qui ne faisait pas partie des forces spéciales regroupées au Sierra Leone. Il a ajouté que Deku avait rejoint l’ULIMO au pont de la Po River entre Bomi et Monrovia lorsque les gens de Monrovia étaient venus pour les saluer. Selon Omaru Musa Kelleh, les commandants Varmuyan Sheriff et Steven Dorley, qui était alors commanding general, l’ont accueilli dans la base de Clay Junction. Sur question, il a précisé que Deku était général.
A la question de savoir si Kosiah était déjà général à l’époque de la capture de Todi, l’intéressé a répondu que Kosiah avait été nommé général après la capture de Gbarnga, lorsqu’il a apporté la nouvelle de cette capture. Au moment de la capture de Todi, Kosiah était frontline commander, expecting generalCela signifie qu’il se faisait appeler général quand le général n’était pas là, et que cette appellation cessait quand le général revenait. Selon Omaru Musa Kelleh, expecting general était une personne qui aspirait à devenir général.
Interrogé sur la Lofa Mission, l’intéressé a déclaré qu’elle avait commencé en novembre 1993 et était dirigée par le commanding general Steven Dorley, qui avait sous ses ordres Pepper & Salt et son bataillon Strike Force.. Selon lui, il y avait également Mami Wata, Deku, Cobra, Small Donzo et Big Donzo. Il a précisé qu’il ne faisait pas partie de la Lofa Mission
Questionné sur les endroits par lesquels l’ULIMO était passé pour capturer le Lofa, Omaru Musa Kelleh a indiqué qu’ils étaient d’abord passés par Bo Waterside avant de capturer Tubmanburg dans le Bomi. De là, ils ont envoyé leurs forces à travers le pays, y compris vers le Lofa en passant par le Lofa Bridge. Il a précisé qu’à partir du Lofa Bridge, ils ne pouvaient pas prendre de véhicule et qu’il fallait marcher sur des centaines de miles pour arriver à Kolahun, Vahun, Foya, puis Voinjama.
Sur question, il a indiqué que Zorzor faisait partie du Lofa et que Foya, Voinjama et Zorzor étaient proches de la frontière avec la Guinée. Il a ajouté que Zorzor avait été capturé durant la Lofa Mission. Il a précisé sur question que Zorzor avait été la première ville capturée dans l’Upper Lofa. La seconde était Kolahun, puis Foya, puis Vahun et enfin Voinjama. Selon lui, l’ennemi était faible.
Omaru Musa Kelleh a ajouté qu’après la capture du Lofa, il s’y était rendu lui-même parce que le chief of staff y était. Il a déclaré que comme il n’aimait pas prendre de véhicule dans une guerre de guérillas, il avait préféré y aller à pied en passant par les chemins de brousse. Il est arrivé à Gondolahun et était si épuisé que des hommes avaient dû le porter dans un hummer et le transporter jusqu’à Kolahun. Il avait ensuite pris un truck pour aller jusqu’à Voinjama.
Sur question, Omaru Musa Kelleh a indiqué que Kosiah était toujours avec Dombuyah à Voinjama. Selon lui, Kosiah n’avait pas le pouvoir de décider où il allait. C’était le chief of staff who gave him orders. Asked where Kosiah was when ULIMO split, he said the split took place in Tubmanburg in Bomi County. The Krahns and Mandingos started shooting at each other and that was where they were all. According to him, at a time like that, you don’t look to know where your friends are, you fight for your life and to escape the bullets. He added that this happened at the ULIMO brigade, where everyone was and no one understood what was going on.
Interrogé sur TT, Omaru Musa Kelleh a indiqué que TT n’était pas un prophète. Selon lui, c’était l’homme le plus âgé du Libéria. Il avait atteint l’âge de 115 ans et c’était la raison pour laquelle il était respecté par le gouvernement. Sur question, il a indiqué que TT était Kissi et vivait dans le district de Foya sous la période ULIMO. Il a ajouté que TT n’avait pris part à aucun groupe armé à sa connaissance et qu’il était protégé par les Kissis.
When asked about the crimes committed by ULIMO against the civilian population, he acknowledged that he was aware of them and said that ULIMO soldiers who attacked civilians paid the consequences. According to him, those who committed rape were executed. Rape was the most common crime and the only one for which soldiers were executed. He said that soldiers who had been in the forest for a long time wanted to have sex and if the women refused, they would rape them. In that case, they were executed. He added that there were very strong “S.O.P.’s” among the ULIMO.
Interrogé sur les viols commis par l’ULIMO dans le Lofa, Omaru Musa Kelleh a indiqué qu’un soldat avait commis un viol et avait été arrêté et emprisonné jusqu’à l’arrivée du Chief of Staff Dombuyah. Selon lui, la décision devait être prise par tous les généraux. Un message leur était envoyé les avertissant qu’un soldat avait commis un viol. Selon les « S.O.P. », il devait être exécuté, mais il n’était pas tué par balle. Il devait creuser sa propre tombe, dans laquelle on l’enterrait.
Interrogé sur la pratique du tabé, Omaru Musa Kelleh a indiqué que de son côté, les soldats étaient très disciplinés. Sur question, il a ajouté qu’il y avait un homme avec eux qui avait des pouvoirs magiques. Il s’appelait Zina. Un jour, il a dit à Omaru Musa Kelleh de le taber et de le jeter dans un marais en pariant que, le temps que l’intéressé rentre à son bureau, il serait déjà devant la porte. Omaru Musa Kelleh a indiqué qu’il l’avait attaché solidement et jeté dans l’eau. Quand il est retourné à son bureau, il a vu l’homme qui dansait devant la porte. Il a ajouté que c’était le seul tabé qu’il avait pratiqué.
Asked if Alieu Kosiah, nicknamed “Physical Cash”, had planned to engage in palm oil business, he said that it was he who gave Kosiah the nickname when the latter told him he wanted to do palm oil business. According to him, Kosiah got along well with the civilians. Sometimes he would leave and stay overnight in the villages. Omaru Musa Kelleh found this risky, but Kosiah told him that the region was calm, that the war was over and that he always had one or two men with him to escort him, which reassured him. On questioning, Omaru Musa Kelleh said that Kosiah was taking the palm oil from the village and taking it to Monrovia.
When asked about the ‘Zebra’ and ‘Alligator’ battalions, he said ‘Zebra’ was the mother unit of the ULIMOs when they came from Sierra Leone to Liberia and it was this unit that gave birth to the other battalions. According to him, when ULIMO split, ‘Zebra’ also split and gave birth to ULIMO-K with the battalions ‘Strike Force’, ‘Alligator’ and ‘Lo Pizo’. On question, he stated that Kosiah was in the “Alligator” battalion with him. Kosiah was not a bataillon commander, but was following the orders of Omaru Musa Kelleh. According to him, ULIMO-K and ULIMO-J each had an “Alligator” battalion and a “Zebra” battalion: “Alligator A” for Kromah’s ULIMO-K and “Alligator B” for Roosevelt’s ULIMO-J. He added that only Strike Force was unique to ULIMO-K.
La partie civile procède à la lecture de certains passages de l’audition d’Omaru Musa Kelleh par les autorités suisses :
When asked about Pepper & Salt, Omaru Musa Kelleh laughed and said, “May he rest in peace”. He said Pepper & Salt was a great commander, a strong man for the ULIMO and that he was the one who captured the Lofa with his men. According to him, his real name was Ousman Konneh.
When asked about Alieu Kosiah’s role in ULIMO, he said his role was to be a frontline pour lui ou, en d’autres termes, un battlefront commander, soit l’homme qui dirige un groupe et lui indique où aller.
Interrogé sur son nom de guerre, Omaru Musa Kelleh a chanté “Zo Kele Kele you talking the truth” et déclaré que son nom était là-dedans, comme cela les enfants voulaient le suivre, car il disait la vérité.
Questionné sur le dénommé HB, l’intéressé a déclaré qu’il savait peu de choses sur lui. Il a indiqué que HB était un petit journaliste criminel célèbre au Libéria. Selon lui, HB est venu en Europe pour trouver de l’argent en faisant souffrir les autres. Omaru Musa Kelleh croit avoir entendu parler de HB en 2015 et a fait référence à un article dans lequel HB aurait répandu des mensonges sur Alieu Kosiah. Selon l'intéressé, HB ne peut pas retourner facilement au Libéria, car d’autres combattants l’attendent. Omaru Musa Kelleh s’est demandé comment HB savait ce qu’il racontait, dans la mesure où il n’était jamais allé sur la ligne de front. Il a déclaré que HB s’est contenté de rester en ville et de demander à des civils de lui donner des informations, en étant même prêt à les payer.
Interrogé sur Mami Wata, il a indiqué que son vrai nom était Duana Kamara. Selon lui, c’était un excellent combattant du bataillon « Strike Force », qui est allé capturer le comté du Lofa, le plus grand comté du Libéria. Omaru Musa Kelleh a ajouté que Mami Wata était décédé. Questionné sur les autres combattants du bataillon « Strike Force », il a indiqué qu’il y avait Ugly Boy Sheriff et qu’il était appelé ainsi de manière ironique car il était plutôt beau et “tall brightSelon lui, Ugly Boy a été tué en Guinée à cause de son mauvais comportement.
Interrogé sur les circonstances dans lesquelles le chant “Zo Kele Kele” était chanté, l’intéressé a indiqué que cette chanson venait de lui et était destinée à motiver les combattants au moment d’un déplacement vers l’ennemi, puisqu’il n’avait pas d’argent pour les payer.
Asked if the name Skyface Kabbah meant anything to him, Omaru Musa Kelleh said, “Ah, Scarface? Scarface, like Al Pacino. Scarface Kabbah was a colonel in the ULIMO. He was a very handsome man.
Interrogé sur l’identité des anciens soldats qui attendaient HB au Libéria, l’intéressé a déclaré qu’il avait lui-même été contre HB dès le moment où il avait pris connaissance de son article de journal. Il s’est demandé comment ce dernier avait pu s’en prendre à un frère en répandant des mensonges sur lui. Selon l’intéressé, beaucoup de gens étaient contre HB et même lorsqu’on parle de lui dans les ‘hatay shops’, des voix s’élèvent pour demander sur quelle ligne de front il était allé pour pouvoir parler ainsi d’un frère. Omaru Musa Kelleh a ajouté que HB était seulement resté assis à Monrovia et avait cherché à obtenir la reconnaissance des occidentaux avant de partir là-bas.
Sur question du Président, la directrice de l’ONG Civitas Maximas, Emmanuelle Marchand, a précisé qu’un hatay shop était un lieu de rencontre pour discuter, comme un café.
Asked to comment on Kosiah’s statement that Foya had not yet been taken when he arrived at Voinjama, Omaru Musa Kelleh said that Foya was at the border with Guinea and that TT was in that area, near the border with Sierra Leone, where the RUF were protecting him. The RUF were crossing the river at Solomba and ULIMO did not have enough men in Foya to repel them. According to him, the main road ran from Kolahun to Voinjama and Foya was in a very active combat zone. He had been asked to go there, but he had refused to go into that trap. According to him, Pepper & Salt had gone over to the enemy and Dombuyah had to base himself in Voinjama to support the men.
Interrogé sur le type de travail que les civils étaient forcés d’effectuer, Omaru Musa Kelleh a indiqué qu’il pouvait s’agir de cuisiner pour lui, faire du nettoyage, laver ses vêtements ou polir ses chaussures. Il a précisé qu’il le demandait toujours poliment et que les gens n’étaient pas des esclaves.
Les avocates générales ont souligné la mention de l’expression “till go” dans une note au procès-verbal.
Questionné sur la rémunération des civils pour les services rendus, l’intéressé a déclaré qu’il n’était pas payé pour venir sauver les civils et que quand les civils le servaient, ils étaient payés avec un peu de riz ou de la soupe.
Ni les avocates générales ni l’avocate de la défense n’ont sollicité des lectures complémentaires.
Le Président a ajouté que Omaru Musa Kelleh était visiblement un homme important au sein de l’ULIMO. L’avocate des parties civiles a précisé que le comté de Lofa avait été divisé en deux en 2003 avec le comté de Gbarpolu. Sur question d’un juré, le Président, l’avocate des parties civiles et les avocates générales ont indiqué que Omaru Musa Kelleh avait été entendu en qualité de témoin de la défense et du Ministère public deux ans auparavant à Monrovia. Il avait déclaré être né en 1965 et demeurer à Congo Town.

