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March 2, 2021 – [Liberia] Day 10: The Hearing of Witnesses 7, 8, and 9

March 2, 2021 – [Liberia] Day 10: The Hearing of Witnesses 7, 8, and 9

Le dixième jour d’audience publique a repris le 2 mars 2021 à Monrovia, au Liberia.

Audition du témoin n°7

L'Accusation interroge le témoin n°7

Witness 7 recalled an incident in which soldiers shot several people in front of a store. According to Witness 7, during that morning in early 2001 all the stores in Waterside were closed except for one which was being looted. Later in her testimony, when asked how she remembered that the incident took place in early 2001, she replied that she remembers it  because that year she was selling products in Waterside.

Witness 7 noted that she lined up together with [FNM-052] to buy food from the people who were looting the store. It was then that Witness 7 saw armed men shooting at people and they both ran away. Witness 7 stated that [FNM-052] ran in a different direction, while she escaped to the Waterside Bridge, where she met her friend [FNM-050]. Once there, Witness 7 encountered a group of six soldiers who started beating and dragging her and her friend, [FNM-050], to a checkpoint. The soldiers had tied them “tabay”, and as Witness 7 and her friend [FNM-050] were carried off, they were forced to look directly at the sun. Witness 7 recounted how one of the soldiers was called “Angel Gabriel” by another soldier. Later in her testimony, she explained that the checkpoint was located at the Old Bridge.

L'homme appelé « Ange Gabriel » avait dit au témoin et à son amie qu'elles étaient des ennemis présentes pour espionner l’Ange Gabriel et son groupe. Le témoin a expliqué que l'Ange Gabriel lui avait ordonné, ainsi qu'à son amie, de se mettre en rang avec d'autres personnes. Les personnes dans la file ont été emmenées sous le pont pour être tuées. Le témoin s'est souvenu qu'elle et son amie attendaient sous le pont depuis un certain temps avant qu'une voiture n'arrive avec un homme portant un uniforme de l'armée libérienne. L'homme a demandé pourquoi les gens étaient dans la file et a dit à Ange Gabriel qu'ils n'étaient pas des ennemis mais qu'ils étaient certainement des civils. Le témoin a expliqué que l'amie de sa tante, [FNM-055], était également dans la voiture. [FNM-055] a emmené le témoin et son amie à Elwa Junction. Le témoin a déclaré qu'elle avait toujours une cicatrice sur le corps due à l'incident. Plus tard, le témoin a montré ces marques à la Cour et a expliqué qu'elles avaient été causées par le fait d'avoir été traîné sur des bouteilles en verre.

Le témoin a déclaré qu'elle ne savait pas si les soldats devant le magasin faisaient partie d'un groupe ou d'une faction spécifique. Le témoin a précisé que les personnes sur lesquelles les soldats avaient tiré étaient des civils et que de nombreuses personnes étaient mortes devant le magasin. Le témoin n'a pas pu confirmer combien, car il y avait trop de victimes.

L'Accusation a demandé comment le témoin connaissait le nom de l'homme qui l’avait traité d'ennemie. Le témoin a répondu qu'elle avait entendu les autres hommes l'appeler « Ange Gabriel ». Le témoin a déclaré qu'elle avait entendu cette personne donner des ordres aux autres hommes, y compris l'ordre de tuer les personnes dans la file. Le témoin a déclaré qu'il tenait un pistolet lorsqu'il a donné l'ordre, bien qu'elle ne l'ait pas vu tirer. Elle a bien vu l'autre homme exécuter son ordre. Elle ne se souvenait pas du nombre de morts.

L'Accusation a demandé si l'homme qui avait donné l'ordre de tuer était un Libérien. Le septième témoin a répondu qu'il « n'était pas libérien », précisant qu'il parlait« à la manière sierra-léonaise, et non à la manière libérienne ». Au cours de l'interrogatoire de la Défense, le témoin a précisé que l'Ange Gabriel parlait le temné, une langue de la Sierra Leone. L'Accusation a demandé si le témoin avait entendu parler du LURD ou du RUF, mais elle a répondu que non.

L'Accusation s'est appuyée sur une audition antérieure du témoin concernant cet incident. Le témoin a déclaré qu'elle avait été contactée pour l’audition par [l'employé 1] et [FNM-050] et qu'elle ne savait pas si [l'employé 1] ou [FNM-050] avait également été interrogé sur l'incident. Elle a déclaré qu'elle n'avait parlé de l'incident à aucune autre organisation, ni à personne d'autre que ses parents. 

Enfin, avant de poursuivre l'interrogatoire de la Défense, le témoin a déclaré qu'elle ne se souvenait pas si les événements avaient eu lieu pendant la saison des pluies ou la saison sèche.

La Défense interroge le témoin n°7

La Défense a commencé par poser des questions sur [l'employé 1]. Le témoin ne connaissait pas le nom de famille de [l’employé 1], ni où il travaillait. Elle a déclaré que [FNM-050] avait donné son numéro à [l’employé 1] et que [l’employé 1] l'avait appelée pour lui dire que des gens voulaient lui parler de l'incident de Waterside.

The Defense asked about the name the Witness used to refer to her aunt in the interview with the Finnish police. The Witness clarified that  her aunt had two different names: one used by her mother, the other used by the Witness.The Defense then asked Witness 7 about Angel Gabriel. Witness 7 stated that the only name she heard him use was Angel Gabriel, she specifically remembered him saying « Je suis l’Angel Gabriel ». Elle a également expliqué que cet homme parlait dans un dialecte sierra-léonais. Lorsqu'on lui a demandé si elle se souvenait de sa précédente déclaration faite lors de l’audition antérieure, le témoin a déclaré qu'elle avait dit qu'il parlait comme un Sierra-Léonais. La Défense a précisé que lors de son audition antérieure, elle avait dit que l'Ange Gabriel parlait le temné. Le témoin s’est rappelée avoir dit cela et l'a confirmé.

The Witness continued by explaining that when the incident occurred there was no war or fighting in the area, noting that there might have been fighting in other areas of Liberia. The Witness did not recall whether this time period had a name. When asked about “World War ” “World War 2,” and “World War 3,” the Witness confirmed that she has heard those terms. The Witness stated that she only remembered when WW1 took place because she was in Monrovia at the time  but was « absente » pendant la Deuxième et la Troisième Guerre mondiale. Par la suite, le témoin a précisé que l'incident de Waterside avait eu lieu pendant la Première Guerre mondiale.

La Défense est revenue sur les déclarations précédentes concernant les magasins de Waterside. Le témoin a déclaré que lorsqu'elle était arrivée à Waterside, les magasins étaient fermés, mais qu’elle ne savait pas pourquoi. Elle a déclaré que l'incident de Waterside était la seule attaque dont elle avait été témoin à Monrovia, et qu'elle avait quitté la ville après cela.

A ce moment, un des juges a demandé plus d'informations sur le lieu et a période où le témoin vivait à Monrovia. Le témoin a expliqué qu'elle vivait à l'intérieur du pays et qu'elle avait déménagé dans un quartier de Monrovia appelé Police Academy en 2000 pour aider sa tante à vendre à Waterside, et qu'après l'incident, elle était retournée à l'intérieur du pays. 

Lorsque la Défense lui a demandé en quelle année elle vendait à Waterside, le témoin a expliqué qu'elle avait commencé à vendre à Waterside en 2000 et qu'elle avait continué à y vendre en 2001. Avant l'année 2000, elle ne vendait pas à Waterside, car elle se trouvait à l'intérieur du pays. 

The Defense asked the Witness about the terms “WW1,” “WW2,” and “WW3,” and how she  knew what year the incident in Waterside took place. The Witness explained that she heard people use these terms to describe periods of war after she came back to Monrovia in 2010. The Witness did not recall what day or month the incident took place. However, she recalled she might have mentioned May or April during the pretrial interview with the Finnish police. The Defense said she had mentioned the events took place right after her sister’s birthday on March 3rd. The Witness confirmed that she remembered her sister’s birthday and that this event took place afterwards.

Audition du témoin n°8

L'Accusation interroge le témoin n°8

Le huitième témoin a commencé son témoignage par un incident lié à un magasin de Waterside qui avait été cambriolé. Le huitième témoin a expliqué qu'il vivait à Paynesville mais qu'il se rendait souvent à Waterside pour acheter des marchandises à vendre. Ce matin-là, tous les magasins étaient fermés, sauf un qui avait été cambriolé. Il a déclaré que des gens prenaient des marchandises de ce magasin pour les vendre à l'extérieur. Cependant, le huitième témoin lui-même n'y était pas allé parce qu'il y avait des hommes armés et qu'il avait peur d'eux. 

After a while, Witness 8 saw people shooting and began running in the direction of the Liberia Electricity Company. While running, Witness 8 heard [FNM-053], whom he knew from the Waterside Market,  calling out out to him to wait for her, and they proceeded to run together. However, Witness 8 and [FNM-053] did not make it far, as six armed men stopped them and took them to a checkpoint. Witness 8 described other people who had already been taken to the checkpoint, some of whom were tied up with rope. He also heard some men saying that some of the girls were “« femmes-anges »et peu après, l' « homme-ange » était arrivé. Lorsqu'il est arrivé, les soldats lui ont dit que les personnes au poste de contrôle étaient des ennemis qu'ils avaient capturés. Le huitième témoin a précisé qu'il était troublé par le fait que les soldats portaient des uniformes de l'armée libérienne mais parlaient avec un accent différent. Après cela, « l’Ange » a commencé à choisir des filles dans le groupe, en disant « Ce sont mes femmes pour aujourd'hui. Tuez les autres, et laissez-les aller dire à Dieu que je les ai envoyées en premier. Moi, l'Ange Gabriel, je vous ai envoyé". Le huitième témoin a déclaré que cette personne appelée « l’Ange » avait ordonné aux soldats de tuer des individus, et les soldats l'avaient fait.

While the Witness was being beaten, a Liberian General arrived and began asking Angel who the prisoners were and why they were being beaten and killed. The General was accompanied by a woman who knew [FNM-053], who was still with Witness 8. Prompted by the woman, [FNM-053] explained that they were simply trying to escape when they were captured and brought to the checkpoint. The lady then saved them and took them to Vai Town, where they were instructed to leave. Witness 8 noted that Vai Town is the first community across the Old Bridge. Witness 8 further explained  that the checkpoint was located near the Old Bridge, by the end nearest Waterside.

Le huitième témoin a déclaré qu'il connaissant le nom « Ange Gabriel » parce que les soldats au poste de contrôle appelaient le commandant par ce nom. Le huitième témoin a entendu l’Ange Gabriel donner l'ordre aux soldats de tuer des gens : « Dites à Dieu que c'est moi, l’Ange Gabriel, qui les envoie. » Le huitième témoin a déclaré que les soldats avaient obéi à l'ordre de cet homme de tuer des gens. Le huitième témoin n'a cependant pas pu estimer le nombre de personnes tuées, citant le traumatisme qu'il avait subi. Interrogé sur son commentaire selon lequel l’Ange Gabriel parlait différemment, le huitième témoin a déclaré qu'il s'agissait d'un « accent britannique, comme un Sierra-Léonais ». Il a ajouté qu'il connaissait le parler libérien et le parler sierra-léonais, et que cet homme ne s’exprimait pas comme un Libérien selon lui. 

Invité à revenir sur des questions posées précédemment, le huitième témoin a déclaré qu'il ne se souvenait pas du nom de la tante de [lFNM-053], ni du jour où cet incident s'était produit. Il a estimé qu'il avait eu lieu pendant la saison sèche en 2001.

When questioned about how he came into contact with the Finnish people, Witness 8 explained that an acquaintance of his from Waterside, [FNM-054], called him asking if he remembered the incident. After this, [FNM-054] told him that [Employee 1] wanted to talk to him about it, so Witness 8 agreed  to share his phone number with [Employee 1]. After [Employee 1] contacted Witness 8, he met with the Finnish police. Witness 8 noted that [Employee 1] did not talk with him about the events at the checkpoint, but instead directed him to the Finnish investigators. Witness 8 said that he did not talk to any other organization or government about the incident, adding that « tout le pays était au courant ». Lorsqu'on lui a demandé de préciser, le huitième témoin a déclaré que le pays tout entier était au courant de l'incident parce qu'on en avait parlé à la radio, car Waterside était un grand marché et les meurtres qui s'y étaient produits étaient marquants. Cependant, il a ajouté qu'il n’avait pas porté attention à la radio, car il était trop perturbé. Il a déclaré que « même jusqu'à présent, quand j'y pense, le souvenir me dérange ».

La Défense interroge le témoin n°8

Le huitième témoin a déclaré qu'il avait dix-huit ans au moment de l'incident, et qu'il en a trente-neuf aujourd'hui. Le témoin se rappelle qu'il avait été surpris lorsqu'il était arrivé à Waterside ce jour-là, car certains magasins étaient fermés et les gens couraient partout. Il a ajouté qu'il ne savait pas pourquoi les magasins étaient fermés, précisant qu'à son arrivée il avait vu des soldats avec des armes - bien qu'il n'y eût pas de combats ce matin-là. 

L'Accusation est intervenue et a demandé au huitième témoin de préciser le lieu de l'incident. Le témoin a répondu que c'était à Waterside et que des personnes avaient été tuées à l'intérieur et à l'extérieur du magasin qui avait été cambriolé. 

La Défense a ensuite repris son interrogatoire, demandant si le témoin connaissait les noms des personnes qui tiraient ou avaient été abattues, et s'il se souvenait de ce qu'il avait déclaré concernant les noms des victimes lorsqu'il avait été interrogé par la police en novembre dernier. Le témoin a répondu par la négative à chacune des questions.

La Défense a ensuite demandé au huitième témoin s'il se souvenait de la [FNM-009]. Le témoin a répondu qu'il était perturbé par l'incident et qu'il pensait que [FNM-009] était un vendeur de Waterside qui avait été tuée lors de l'incident, le huitième témoin ne l'ayant pas revu depuis. La Défense a réitéré que le témoin s'était souvenu du nom de [FNM-009] lors de l’audition qui avait eu lieu en novembre 2020, se demandant pourquoi le témoin ne se souvenait plus de quelqu'un qui avait été tué pendant l'incident. Le témoin a déclaré que la guerre et les souvenirs associés à la guerre étaient traumatisants.

Le huitième témoin a déclaré qu'il ne se souvenait pas du mois précis de l'incident. La Défense a noté que dans son audition avec la police finlandaise, le témoin avait déclaré que l'incident avait eu lieu en mai, sans nommer la saison. Le témoin a fait une pause, puis a répété qu'il avait déclaré à la police que l'incident avait eu lieu en 2001, mais qu’ils lui avaient demandé à plusieurs reprises de préciser le mois. Le témoin a expliqué qu'il leur avait dit qu'il ne se souvenait pas de quel mois précis ; il a précisé que s'il avait déclaré un mois précis, il n'aurait fait que deviner. Enfin, le témoin a déclaré qu'aujourd'hui, il avait dit que l'incident s'était produit au début de 2001, pendant la saison sèche, sans citer de mois précis.

La Défense a ensuite demandé au témoin plus de détails sur la manière dont il était entré en contact avec la police finlandaise. Initialement, le témoin a déclaré qu'il était venu à Monrovia un jour après l’appel de [l’employé 1]. Il semble y avoir eu une certaine confusion entre la Défense et le témoin concernant la chronologie précise des événements. Le témoin a répété que [l'employé 1] avait obtenu son numéro de [FNM-054] et a ensuite précisé qu'il était arrivé à Monrovia environ trois ou quatre jours après l’appel de [l'employé 1]. Le témoin a ajouté que le voyage de son domicile à Monrovia avait pris deux jours, de sorte qu'il était arrivé le troisième jour après l'appel de [employé 1] et qu'il avait rencontré la police finlandaise le lendemain de son arrivée.

Le témoin a déclaré qu'il n'avait entendu aucun autre nom que « l’Ange Gabriel » pendant l'incident. La Défense a ensuite interrogé le témoin sur les termes « Première Guerre mondiale », « Deuxième Guerre mondiale » et « Troisième Guerre mondiale ». Il a répondu qu'il avait entendu ces termes être utilisés au Liberia, notant que bien qu'il ne connût pas la différence entre les différents termes, il se souvenait que le Président Taylor était au pouvoir à cette époque. Le témoin a ajouté que lorsque l'incident de Waterside s'était produit, ce dernier pouvait être décrit comme une « guerre », puisque des gens avaient été tués ; il pensait que c'était pendant la Première Guerre mondiale, mais il n'était pas sûr de la différence entre les périodes. La Défense a précisé que lors de l’audition du témoin avec la police, il avait déclaré que la Première Guerre mondiale avait eu lieu en 2001, la Seconde Guerre mondiale en 2002 et la Troisième Guerre mondiale en 2003. Le témoin a répondu qu'il estimait simplement les années entre la Première Guerre mondiale, la Seconde Guerre mondiale et la Troisième Guerre mondiale, ajoutant qu'il pensait que la Première Guerre mondiale avait duré un an. Le témoin a indiqué que ces termes étaient utilisés par les civils, milices et soldats pendant la guerre, et que c'est à ce moment-là qu'il avait entendu ces termes pour la première fois. Enfin, le témoin a été interrogé sur le LURD et sur ce qu’il savait à leur sujet. Le témoin a déclaré que bien qu'il ait entendu parler des rebelles du LURD, il n'était pas un militaire et ne savait pas si le LURD avait attaqué Monrovia à un moment donné.

Le témoin n°9

Le neuvième témoin a été entendu à huis clos, les observateurs du procès n'ont donc pas pu prendre de notes.

L'audience s'est terminée et reprendra à Monrovia le jeudi 4 mars 2021 à 9 heures.

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