
Une Cour spéciale pour crimes de guerre va être établie au Liberia
Monrovia, Liberia: Le jeudi 2 mai 2024, le Président du Liberia, Joseph Nyuma Boakai, a signé le décret (« executive order ») no 131, qui établit un Bureau dont le mandat spécifique est la création d’une Cour spéciale pour les crimes de guerre et d’une Cour nationale anti-corruption.
Selon ce décret, ce Bureau devra définir le modèle de cette Cour spéciale en s’inspirant de ce qui a été fait auparavant au niveau international, déterminer sa durée et l’étendue de ses compétences, et collaborer avec des partenaires internationaux pour assurer le financement de cette Cour spéciale. Ce Bureau sera dirigé par un directeur exécutif qui rapportera au Ministre de la Justice. Selon le décret, ce directeur exécutif devra être guidé par des considérations strictement légales, hors de toute influence politique.
So, more than 35 years after the start of the first civil war in Liberia, more than 20 years after the end of the conflict, and almost 15 years after the recommendations of the Truth and Reconciliation Commission, a Liberian President has taken the full measure of the importance of justice for “la quête de l’unité nationale“.
Hassan Bility, directeur du Global Justice and Research Project (GJRP), a déclaré depuis Monrovia :Nous remercions vivement le Président Boakai et son cabinet pour avoir entrepris cette étape historique et essentielle pour la justice qui ouvre la voie à la fin de l’impunité au Liberia pour les crimes sanglants commis pendant les deux guerres civiles. Mon organisation et nos partenaires collaboreront avec le Bureau mis en place de toutes les façons possibles pour l’aider à être à la hauteur de sa mission. Le temps de la justice est maintenant".
GJRP et Civitas Maxima tiennent à rendre un hommage appuyé aux libériennes et aux libériens qu’ils ont eu le privilège d’accompagner depuis plus de 12 ans et dont le courage et la détermination ont largement contribué à ce que la voix des victimes de crimes de masse soit finalement entendue aujourd’hui à Monrovia.
Unable to obtain justice at home, for years these Liberians led a heroic quest for justice outside their borders. This quest for justice has left its mark on Liberia’s legal history:
- 2017: première condamnation pénale d’un ressortissant libérien pour des faits liés à la guerre civile (affaire Mohammed Jabbateh, États-Unis);
- 2018: deuxième condamnation pénale d’un ressortissant libérien pour des faits liés à la guerre civile (affaire Thomas Woewiyu, États-Unis) ;
- 2019: première visite officielle d’enquêteurs étrangers pour mener avec la police libérienne des reconstitutions liées à des crimes commis pendant les guerres civiles (affaire Kunti Kamara, France) ;
- 2021: première condamnation pénale d’un ressortissant libérien pour crimes de guerre (affaire Alieu Kosiah, Suisse) ;
- 2021: premières audiences pénales pour des faits de crimes internationaux menées par des juges étrangers sur le sol libérien (affaire Gibril Massaquoi, Finlande) ;
- 2022: première condamnation pénale d’un ressortissant libérien pour crimes contre l’humanité (affaire Kunti Kamara, France).
None of this would have been possible without the application of principles of international law by national courts. And it is this same international law that President Boakai rightly invoked in his Order no. 131 to allow the Liberian victims’ quest for justice to manifest in their own country, where they experienced so much suffering at the hands of the armed forces and rebel groups.
For more details on the history of non-governmental organizations’ demands for the establishment of a war crimes mechanism in Liberia, read our previous communiqué de presse.
