Kunti Kamara : la condamnation pour complicité de crimes contre l'humanité confirmée en appel
Paris, France : Paris, France : Aujourd'hui, la Cour d'assises de Paris, composée de trois juges et de neuf jurés, a confirmé le verdict de culpabilité rendu en 2022 et déclaré Kunti Kamara, ancien commandant rebelle libérien de l'ULIMO, coupable de complicité de crimes contre l'humanité et de commission d'actes de torture et de barbarie simples et aggravés. M. Kamara a été condamné à une peine de 30 ans de réclusion criminelle.
La cour d'appel a reconnu M. Kamara coupable de viols et d'esclavage sexuel commis par ses subordonnés ; d’avoir soumis un homme à de graves souffrances et d’avoir participé à la consommation de son cœur en public ; d'avoir exécuté une femme malade qui venait de perdre son bébé, parce qu'elle était accusée de sorcellerie ; d’avoir soumis deux hommes à des travaux forcés dans des conditions inhumaines ; et d’avoir torturé un civil. Ces crimes ont été commis entre 1993 et 1994, pendant la première guerre civile libérienne (1989-1996), dans le comté de Lofa, au nord-ouest du Liberia.
A la suite du verdict, un euro symbolique a été demandé pour chacune des parties civiles au titre de la réparation du préjudice moral. La Cour a fait droit à la requête.
Au cours de la procédure, qui s'est déroulée du 5 au 27 mars, la Cour a entendu 22 témoins, 9 parties civiles et 5 experts dont des psychologues et un psychiatre. La majorité des témoins est venue du Liberia et a expliqué à la Cour les conditions de vie au Lofa sous le contrôle de l'ULIMO. Parmi les témoins de contexte figuraient les anciens membres de la Commission vérité et réconciliation du Libéria, John Stewart et Massa Washington, le photographe de guerre Patrick Robert et le documentariste Christophe Naigeon. L’ancien frère d'armes de M. Kamara, Alieu Kosiah, est aussi venu témoigner. Il a été condamné en appel en Suisse à 20 ans de prison pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité, notamment pour sa participation à certains des mêmes actes pour lesquels M. Kamara a été reconnu coupable, dont le travail forcé.
Civitas Maxima, qui est également partie civile dans cette affaire, a déposé une plainte pénale en juillet 2018 contre M. Kamara qui résidait alors en France, ce qui a déclenché la procédure en France. La décision de première instance où M. Kamara a été reconnu coupable a fait l'objet d'un appel par l'avocat de la défense peu après le verdict en novembre 2022.
Il s'agit d'une affaire historique tant pour la France que pour le Liberia. Pour la France, l'affaire Kamara a été le premier procès de compétence universelle non lié au génocide rwandais, en présence de l'accusé. Il s'agit seulement du cinquième procès de ce type à se dérouler en France. Pour le Liberia, ce verdict confirme la toute première condamnation pour crimes contre l'humanité liés aux guerres civiles libériennes.
The conviction for complicity in crimes against humanity is particularly meaningful – Mr Kamara was found guilty to have, knowingly, facilitated the preparation or commission by his soldiers of such torture or inhumane acts, including rape and sexual abuses.
En raison de la pertinence historique de l'affaire, la procédure de première instance et l'appel ont été enregistrés et versés aux archives audiovisuelles de la justice française.
Civitas Maxima et le GJRP remercient Me Sabrina Delattre et Me Simon Foreman, qui ont représenté les parties civiles tout au long de la procédure. Nous sommes également reconnaissants à la justice française d'avoir permis à toutes les parties civiles de se déplacer du Liberia et de témoigner à nouveau.
Les résumés de chaque journée d’audience du procès en appel sont disponibles ici. Des comptes rendus d’audience synthétisés seront prochainement disponibles sur notre site. Ceux du procès de première instance sont déjà disponibles ici.

