Alieu Kosiah Alieu Kosiah est un ancien commandant de l’ULIMO (United Liberation Movement of Liberia for Democracy), un groupe rebelle qui a participé à la première guerre civile libérienne (1989-1996) en combattant le NPFL (National Patriotic Front of Liberia) de Charles Taylor. Après la guerre, Kosiah s'est installé en Suisse, où il a obtenu le statut de résident permanent.

Le 10 novembre 2014, les autorités suisses ont arrêté Kosiah en donnant suite à des accusations alléguant qu’il était impliqué dans des massacres commis dans le comté de Lofa au Libéria entre 1993 et 1995. Des plaintes pénales ont été déposées contre lui par plusieurs victimes libériennes, représentées par Alain Werner, directeur de Civitas Maxima. Kosiah est accusé d'avoir ordonné des massacres de civils, des viols et d'autres atrocités dans le nord du Libéria pendant la première guerre civile.

Les chefs d’accusation retenus contre Kosiah sont les actes suivants : avoir ordonné, commis ou participé au meurtre de civils et de soldats hors de combat, avoir profané le cadavre d'un civil, avoir violé un civil, avoir ordonné le traitement cruel de civils, avoir recruté et utilisé un enfant soldat, avoir ordonné plusieurs pillages et avoir ordonné et/ou participé au transport forcé de biens et de munitions par des civils.

Le Tribunal pénal fédéral suisse a reporté le procès à plusieurs reprises en raison de la propagation du COVID-19.  Finalement, la Cour a décidé de procéder aux questions préliminaires et à l'audition du prévenu du 3 au 11 décembre 2020. Le reste du procès - l'audition des plaignants et des témoins, et les plaidoiries finales - a eu lieu du 15 février au 5 mars 2021.

Le 18 juin 2021, Alieu Kosiah a été condamné à vingt ans de prison, desquels seront déduites les plus de six années passées en détention préventive, ainsi qu’à payer plus de 50’000 CHF aux sept plaignants qui ont témoigné contre lui.

Les crimes pour lesquels il est reconnu coupable sont les suivants : avoir ordonné le meurtre de treize civils et de deux soldats non armés ; avoir assassiné quatre civils ; avoir violé une civile ; avoir ordonné le traitement cruel de sept civils ; avoir porté atteinte à la dignité d'un civil décédé ; avoir ordonné à plusieurs reprises le traitement cruel, humiliant et dégradant de plusieurs civils ; avoir infligé à plusieurs civils des traitements cruels, inhumains et dégradants ; avoir ordonné à plusieurs reprises le pillage ; avoir utilisé un enfant soldat dans des hostilités armées. Les crimes pour lesquels Kosiah est acquitté sont les suivants : recrutement d'un enfant soldat ; tentative de meurtre d'un civil ; complicité dans le meurtre d'un civil ; et ordre de piller dans un cas.

Cela a été la première fois qu'un ressortissant libérien a été jugé pour des crimes de guerre en relation avec les guerres civiles libériennes, et la première fois que le Tribunal pénal fédéral a organisé un procès pour crimes de guerre.

Éléments clés

FactionULIMO
NationalitéLibérien
Période d'activité Première guerre civile libérienne
Acte d'accusationCrimes de guerre
StatutReconnu coupable, condamné

Q&A

Pourquoi Kosiah vivait-il en Suisse ?

Kosiah a déménagé en Suisse après la guerre, où il a obtenu le statut de résident permanent.

Pourquoi Kosiah est-il jugé à Bellinzona ?

Le Tribunal pénal fédéral suisse est situé à Bellinzone, au Tessin, depuis 2004. L'emplacement du tribunal a été décidé par le Parlement suisse.

Pourquoi le procès a-t-il été reporté ?

En mars 2020, en raison de la propagation rapide du COVID-19 et des mesures imposées par les autorités suisses en réponse à la pandémie, le TPF a annoncé que le procès d'Alieu Kosiah, ancien commandant de l'ULIMO, avait été reporté.

Ressources