April 2, 2021 – [Liberia] Day 24: The Hearing of Witnesses 45, 46, and 47

La vingt-quatriÚme journée d'audience publique s'est ouverte le 4 avril 2021 à Monrovia, Liberia

Audition du témoin n°45

(Identification assignée par le tribunal finlandais: Soldat 17)

L'Accusation interroge le témoin n°45

L'Accusation a commencĂ© par poser une question au tĂ©moin sur la deuxiĂšme guerre civile libĂ©rienne. L'enquĂȘte a portĂ© en particulier sur l'Escadron de la mort. Le tĂ©moin a expliquĂ© que le premier commandant de l'unitĂ© Ă©tait Angel Gabriel, et que le commandant suivant Ă©tait « Next to God ». Le tĂ©moin a rencontrĂ© l'ange Gabriel pendant la guerre et a ajoutĂ© que c'est le garde du corps de l'ange Gabriel, connu sous le nom de « KB », « Kill the Bitch », qui a estropiĂ© la jambe du tĂ©moin. Il a racontĂ© que lorsque les ennemis arrivaient sur le pont, l'ange Gabriel a Ă©rigĂ© une barriĂšre et leur a dit de ne pas la traverser. Lorsque les gens ont essayĂ© de traverser, KB a commencĂ© Ă  tirer : une balle a ricochĂ© sur le sol et a touchĂ© la rotule du tĂ©moin. Le tĂ©moin est encore affectĂ© par cette blessure aujourd'hui. 

Le tĂ©moin a dĂ©crit comment les civils de Waterside avaient fui, et certains avaient commencĂ© Ă  piller les magasins. L'une des premiĂšres choses que l'ange Gabriel et ses troupes ont faites, une fois arrivĂ©s, a Ă©tĂ© d'ouvrir le feu sur les personnes prĂ©sentes dans les magasins. Le tĂ©moin s'est souvenu qu'une fois que les tirs ont commencĂ©, un soldat nommĂ© « Bodyman » a couru vers Angel Gabriel, une arme Ă  la main. Ange Gabriel a criĂ© Ă  Bodyman de lĂącher son arme ; cependant, Bodyman n'a pas entendu et il a Ă©tĂ© abattu. Cela s'est produit dans la rue Water, prĂšs du quartier des 99 Steps. Un groupe d'hommes, qui Ă©taient des amis du tĂ©moin, a signalĂ© le dĂ©cĂšs. Le [soldat 07] a demandĂ© au soldat [FNM-136], au tĂ©moin et Ă  d'autres hommes d'aller confirmer ce qui s'Ă©tait passĂ©. Lorsqu'ils sont arrivĂ©s sur les lieux, le tĂ©moin a racontĂ© qu'ils avaient voulu ouvrir le feu sur Angel Gabriel et ses hommes. Cependant, [le soldat 07] les a arrĂȘtĂ©s et a voulu entendre d'abord Benjamin Yeaten, qui Ă©tait le chef. Yeaten leur a dit de ne pas attaquer, et Angel Gabriel s'est enfui Ă  Congo Town, chez Yeaten oĂč il Ă©tait basĂ©, parce qu'il avait peur que les gens soient sur le point de le tuer.

Le Procureur a ensuite Ă©voquĂ© la fusillade dans les magasins et l'emplacement de ces magasins Ă  Waterside. Le tĂ©moin a rĂ©pondu que les magasins n'Ă©taient pas prĂšs du Vieux Pont (Old Bridge) : ils se dirigeaient vers Water Street. Lorsqu'Angel Gabriel est arrivĂ© dans le magasin en question, un magasin de tĂ©lĂ©phones portables, il a commencĂ© Ă  tirer et a dit que « personne ne devrait piller » et que tant que les gens pillaient, il allait les tuer. Le tĂ©moin a vu l'Ange Gabriel tirer de ses propres yeux.  

AprĂšs quelques questions d'Ă©claircissement concernant la personne envoyĂ©e par [le soldat 07] pour aller confirmer la mort de Bodyman, l'Accusation a demandĂ© au tĂ©moin pourquoi ils voulaient Ă©changer des coups de feu lorsqu'ils sont arrivĂ©s sur les lieux. Le tĂ©moin n°45 a rĂ©pondu que c'Ă©tait dĂ» Ă  la colĂšre ressentie aprĂšs avoir vu le cadavre de leur camarade. Selon lui, plus de quinze personnes gisaient mortes ; outre Bodyman, toutes les autres Ă©taient des civils, tuĂ©s parce qu'ils traĂźnaient dans la zone. Le tĂ©moin a dĂ©clarĂ© avoir vu l'Ange Gabriel tuer Bodyman, et « massacrer les gens et tout le reste » : il se souvient avoir vu des organes internes ĂȘtre retirĂ©s. Il a ajoutĂ© qu'il n'avait pas parlĂ© Ă  Angel Gabriel parce qu'il voulait le tuer, et que si Angel Gabriel n'est pas mort, c'est parce que [le soldat 07] est arrivĂ© alors qu'ils se disputaient. Le tĂ©moin a ajoutĂ© que cela s'Ă©tait produit en 2000 ou 2001, pendant la saison des pluies. Il s'est souvenu de cette saison car c'est Ă  ce moment-lĂ  que les LURD « frappaient ". 

L'Accusation a ensuite orientĂ© l'interrogatoire vers le temps passĂ© par le tĂ©moin Ă  Lofa. Le tĂ©moin a fait remarquer qu'il avait Ă©tĂ© tĂ©moin de nombreux actes rĂ©prĂ©hensibles Ă  l'encontre de civils ; Angel Gabriel Ă©tait impliquĂ© dans certains d'entre eux, mais pas dans tous, car diffĂ©rentes personnes Ă©taient impliquĂ©es. Lorsqu'on lui a demandĂ© de dĂ©crire ce Ă  quoi Angel Gabriel avait participĂ©, le tĂ©moin a expliquĂ© qu'Ă  Kamatahun, Angel Gabriel avait tuĂ© le chef de la ville et « la moitiĂ© des habitants » parce qu'ils n'Ă©taient pas restĂ©s en ville, alors qu'Ange Gabriel le leur avait demandĂ©. Selon le tĂ©moin, l'Ange Gabriel leur a tranchĂ© la gorge avec un couteau. Il a confirmĂ© que c'Ă©tait le seul incident dans la rĂ©gion oĂč Ange Gabriel Ă©tait impliquĂ©, Ă  sa connaissance. Plus tard dans son tĂ©moignage, l'Accusation a demandĂ© au tĂ©moin s'il se souvenait Ă©galement que des maisons avaient Ă©tĂ© incendiĂ©es. Le tĂ©moin n°45 a rĂ©pondu que c'Ă©tait Zigzag Marzah, envoyĂ© par Yeaten, qui mettait le feu aux maisons, et non pas Ange Gabriel. Lorsque l'Accusation a demandĂ© si l'Escadron de la mort dirigĂ© par Ange Gabriel avait quelque chose Ă  voir avec cela, le tĂ©moin a rĂ©pĂ©tĂ© que Zigzag Marzah et Yeaten « faisaient cela ». ". 

Le Procureur a ensuite orientĂ© l'interrogatoire vers l'entretien avec la police finlandaise. Le tĂ©moin s'est souvenu qu'il vendait quelques articles au Red Light lorsqu'il a vu le [soldat 07]. L'homme lui a dit que «vous ĂȘtes les personnes qu'une ONG recherche» et a ajoutĂ© que l'ONG allait l'aider. Il a donnĂ© son numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone au [Soldat 07] et un jour, ce dernier l'a appelĂ© pour lui dire que des gens voulaient des histoires, en particulier de ceux qui avaient Ă©tĂ© en Sierra Leone et Ă©taient revenus au Liberia, comme le tĂ©moin. Le tĂ©moin n°45 a rĂ©pondu qu'il espĂ©rait que le [soldat 07] ne faisait pas cela « pour que les gens viennent nous arrĂȘter », car il avait entendu dire que des gens Ă©taient arrĂȘtĂ©s. Il l'a informĂ© que ce mois-lĂ  il Ă©tait occupĂ© par la rĂ©colte, mais qu'il le rappellerait lorsqu'il serait de retour en ville.

C'est ce qu'il a fait, et [le soldat 07] l'a emmenĂ© chez lui oĂč le tĂ©moin a passĂ© la nuit. Le tĂ©moin craignait toujours d'ĂȘtre arrĂȘtĂ©. Le [soldat 07] a pris des dispositions pour que le tĂ©moin 45 puisse parler aux « Blancs ». Lorsqu'il a parlĂ© avec eux, il s'est souvenu qu'ils lui avaient montrĂ© des photos et lui avaient demandĂ© qui il reconnaissait. Il n'a reconnu que l'Ange Gabriel. Lorsqu'ils lui ont demandĂ© comment il le connaissait, le tĂ©moin a expliquĂ© qu'ils avaient combattu ensemble en Sierra Leone, mais qu'Ange Gabriel avait un grade supĂ©rieur au sien et qu'il Ă©tait donc le patron du tĂ©moin. Il a demandĂ© oĂč se trouvait Ange Gabriel, car il ne l'avait pas vu depuis longtemps, et la police a rĂ©pondu que « cet homme a un problĂšme, nous voulons savoir ce qu'il a fait au Liberia.»

Enfin, l'Accusation a voulu savoir qui avait emmenĂ© le tĂ©moin au lieu de l'audience la veille. Il n'a pas pu se souvenir de son nom mais a dĂ©clarĂ© qu'il s'agissait d’ «un homme noir, petit et Ă©pais ».". 

La Défense interroge le témoin n°45

InterrogĂ© Ă  ce sujet, le tĂ©moin a expliquĂ© que [le soldat 07] ne lui avait rĂ©vĂ©lĂ© aucun nom, mais lui avait seulement dit que les « gens voulaient des histoires ” from him. He then clarified that the police only showed him the picture after they asked him where he fought, to which he duly replied. The Witness reiterated that there were many people in the photo, and asked who he could identify, and he only recognized Angel Gabriel because he was the only person he knew. The Witness told the Defense that the interviewers showed him a video after showing him the photo; he recognized Angel Gabriel in the video as well.

La DĂ©fense a demandĂ© au tĂ©moin s'il Ă©tait sĂ»r d'avoir prononcĂ© le nom d’ « Ange Gabriel » lors de l'entretien avec la police. Le tĂ©moin a rĂ©pondu qu'il avait utilisĂ© le nom complet, mais qu'il ne pouvait pas s'en souvenir Ă  ce moment-lĂ . La dĂ©fense a soulignĂ© que le tĂ©moin n'avait pas du tout utilisĂ© le nom d'Ange Gabriel pendant l'entretien, et que lorsque la police lui a demandĂ© s'il connaissait ce nom, le tĂ©moin avait rĂ©pondu «non ». Lorsqu'on lui a demandĂ© s'il connaissait le nom « Gabriel Wilson », le tĂ©moin n°45 a rĂ©pondu que oui, que c'Ă©tait le nom complet d'Ange Gabriel et qu'Ange Gabriel Ă©tait son nom de guerre. 

La DĂ©fense a de nouveau demandĂ© au tĂ©moin si [le Soldat 07] lui avait dit quoi que ce soit au sujet de l'enquĂȘte ; le tĂ©moin a rĂ©pĂ©tĂ© qu'il lui avait seulement dit que la police voulait des histoires sur la guerre. La DĂ©fense a ensuite soulignĂ© que le tĂ©moin avait prĂ©cĂ©demment dĂ©clarĂ© que [le soldat 07] lui avait racontĂ© une histoire sur Gabriel Wilson et sur le fait qu'il faisait partie de l'Escadron de la mort sous les ordres de Benjamin Yeaten. Le tĂ©moin a expliquĂ© que [le soldat 07] lui avait parlĂ© de Gabriel Wilson, c'est-Ă -dire de l'Ange Gabriel, et qu'il lui avait demandĂ© si c'Ă©tait le tĂ©moin qu'il avait envoyĂ© sur Water Street. Le tĂ©moin a ajoutĂ© que [le soldat 07] lui avait parlĂ© « de ce qui s'Ă©tait passĂ© Ă  Water Street », mais qu'ils avaient appelĂ© « Gabriel Wilson » « Ange Gabriel ». Il ne s'en souvenait pas au dĂ©but parce que cela faisait longtemps et que lui et le [soldat 07] avaient parlĂ© de diffĂ©rentes choses. Le [soldat 07] lui avait demandĂ© si l'homme avait tuĂ© Bodyman. La dĂ©fense a demandĂ© au tĂ©moin 45 si Bodyman avait d'autres noms, et le tĂ©moin a rĂ©pondu que les gens peuvent avoir plusieurs noms ; quand on lui a demandĂ©, il s'est souvenu que Bulldog Ă©tait un autre nom pour Bodyman. Il ne se souvient pas de son Ăąge, car ils n'ont pas grandi ensemble, mais il estime qu'il devait avoir entre 20 et 30 ans.

La DĂ©fense a demandĂ© si le tĂ©moin se souvenait avoir trouvĂ© le corps de Bodyman, ce Ă  quoi il a rĂ©pondu par l'affirmative. Cependant, la DĂ©fense a fait remarquer que dans le rĂ©sumĂ© de la police, il est dit que malgrĂ© les recherches du corps, ils ne l'ont pas trouvĂ©. Le tĂ©moin a rĂ©pondu que le corps de Bodyman gisait parmi les civils, et qu'il avait dit aux policiers que la premiĂšre fois qu'ils l'avaient cherchĂ©, ils ne l'avaient pas trouvĂ©. Ils ont rĂ©ussi Ă  rĂ©cupĂ©rer son corps le jour oĂč ils ont repoussĂ© les rebelles du LURD lors d'un combat sur le pont de Vai Town. Il a prĂ©cisĂ© que les Ă©vĂ©nements survenus dans les magasins se sont produits avant qu'ils n'aillent chercher le corps de Bodyman, plus d'une semaine aprĂšs. 

The Defense then asked the Witness whether he remembered what date he had said to the Finnish police about the events. He recalled telling police it had happened in 2002. The Defense replied that he had told the police it was in 2003; the Witness responded that he could not remember at the moment, but he had told them 2000-2002, but in his opinion he had said 2002, in October or November, because it was the rainy season. When asked, the Witness stated that his leg got injured on a bridge in Monrovia, but he did not know the name of said bridge. He explained that when he got injured “je n'Ă©tais pas moi-mĂȘme », et que lorsque le [Soldat 07] lui a demandĂ© de se rendre au 99 Steps, il n'Ă©tait pas encore blessĂ©. 

La Défense a demandé à la Cour de faire jouer un enregistrement. On entend le témoin mentionner le [Soldat 07] et l'année 2003 ; on l'entend également dire qu'il ne se souvient pas du mois, mais qu'il a mentionné octobre/novembre en raison des précipitations. A la fin de l'enregistrement, la Défense a demandé au témoin si le [soldat 07] lui avait donné le nom de l'ONG qui était intéressée par l'affaire, mais il ne l'a pas fait. Le témoin 45 a expliqué comment [le soldat 07] lui avait dit qu'ils lui auraient donné une prothÚse.

La DĂ©fense a demandĂ© Ă  nouveau au tĂ©moin s'il avait utilisĂ© le nom d'Ange Gabriel lors de l'entretien avec la police. Le tĂ©moin a semblĂ© confus par les questions de la DĂ©fense, et un enregistrement a Ă©tĂ© diffusĂ© par la Cour. Dans l'enregistrement, on entend le tĂ©moin n°45 dĂ©crire comment quelqu'un a tirĂ© sur des civils avec un AK-47 ; lorsque la police lui a demandĂ© s'il avait entendu parler des noms « Massaquoi » ou « Ange Gabriel », le tĂ©moin a rĂ©pondu que non. 

L'Accusation interroge le témoin n°45 à davantage

The Prosecution took over the final line of questioning and asked the Witness whether he recalled the year the Second Civil War ended. He responded that he could not remember, and even when the Prosecution asked if it was 2003, the Witness stated he could not recall. The Prosecution rephrased the question, and asked what had happened to Charles Taylor when peace came: the Witness responded that “ils ont dit qu'avant que la paix ne soit rĂ©tablie au Liberia, Taylor devait partir et ils l'ont emmené ». Il a ajoutĂ© qu'il Ă©tait Ă  Monrovia lorsque Taylor est parti, mais qu'il ne se souvenait pas de l'annĂ©e. 

Audition du tĂ©moin n°46 

(Identification assignée par le tribunal finlandais: Soldat 50)

L'Accusation interroge le témoin n°46

Le tĂ©moin a commencĂ© par dire qu'il faisait partie des forces gouvernementales pendant la guerre, et a nommĂ© Zigzag Marzah et Superman comme ses commandants. Il a dĂ©crit que sa faction Ă©tait responsable de Vahun et Kolahun mais Ă©tait basĂ©e Ă  Foya, oĂč il a servi de 2000 Ă  2002. Il a dit que les troupes du RUF Ă©taient lĂ  aussi, car elles travaillaient ensemble. Il a rappelĂ© que Sam Bockarie assurait le commandement gĂ©nĂ©ral des troupes du RUF, que Gibril Massaquoi Ă©tait le porte-parole Ă  l'Ă©poque et l'un des « big men» ; il a ajoutĂ© qu'Ange Gabriel Ă©tait son nom de guerre et qu'il l'avait rencontrĂ©. 

InterrogĂ© sur ce qui se passait dans la rĂ©gion lorsqu'ils Ă©taient avec le RUF, le tĂ©moin a expliquĂ© qu'Ă  l'Ă©poque il n'y avait pas d’ « opĂ©ration spĂ©cifique » et que les forces allaient lĂ  oĂč elles Ă©taient nĂ©cessaires, en fonction des attaques. Il a ajoutĂ© que le RUF Ă©tait venu de Sierra Leone en renfort, et que lorsqu'il s'est joint Ă  eux, « des meurtres ont eu lieu ».

Le tĂ©moin s'est souvenu d'un incident survenu Ă  Kamatahun Hassala alors qu'ils combattaient les rebelles des LURD. Selon le tĂ©moin, le RUF a prĂ©tendu que des dissidents traversaient, mais selon lui, ces personnes Ă©taient des civils car elles n'Ă©taient pas armĂ©es. Le tĂ©moin a notĂ© que le RUF a arrĂȘtĂ© des garçons et des hommes et a dĂ©clarĂ© qu'ils Ă©taient des rebelles. Le tĂ©moin a notĂ© que l'un des hommes a dĂ©clarĂ© « nous ne sommes pas des rebelles, nous sommes des civils » ; cependant, ils ont Ă©tĂ© placĂ©s dans une cuisine qui a ensuite Ă©tĂ© incendiĂ©e. Il a rappelĂ© que le commandant principal n'Ă©tait pas prĂ©sent lors de cet incident, car il Ă©tait en patrouille, et que c'est donc Gibril Massaquoi qui commandait Ă  ce moment-lĂ . Le tĂ©moin a indiquĂ© que, mĂȘme s'il Ă©tait soldat, il n'Ă©tait pas heureux de ces Ă©vĂ©nements car il Ă©tait Ă©galement originaire du comtĂ© de Lofa et que ces personnes Ă©taient son peuple. Le tĂ©moin a demandĂ© pourquoi ils n'avaient pas retenu ces personnes comme prisonniers et attendu Benjamin Yeaten ou Zigzag Marzah. Plus tard, il a rĂ©pĂ©tĂ© que Gibril Massaquoi Ă©tait le commandant Ă  ce moment-lĂ  et qu'il avait donnĂ© l'ordre de brĂ»ler la maison. Il estime que plus de 5-6 personnes ont Ă©tĂ© brĂ»lĂ©es. Plus d'une heure plus tard, le premier commandant qui est revenu Ă©tait Zigzag Marzah ; il a demandĂ© qui avait donnĂ© l'ordre d'incendier la maison. Selon le tĂ©moin, ils ont rĂ©pondu Ă  Zigzag Marzah que « c'Ă©tait l'homme que vous avez laissĂ© en charge ». Le tĂ©moin a dĂ©crit comment Zigzag Marzah « est parti en colĂšre aprĂšs ce qui s'est passĂ©, mais pas Ă  ce point, il n'Ă©tait pas si en colĂšre. Et vous savez que Gibril n'Ă©tait pas un petit soldat, la seule chose qu'ils pouvaient faire Ă©tait de lui prendre sa veste ». InterrogĂ©, le tĂ©moin a prĂ©cisĂ© qu'il n'avait pas parlĂ© Ă  Gibril Massaquoi lui-mĂȘme, parce qu'il Ă©tait un officier de haut rang, et qu'il ne pouvait donc pas l'interroger : seuls Yeaten et Zigzag Marzah le pouvaient. 

Le tĂ©moin a notĂ© que Gibril Massaquoi a commencĂ© Ă  se dĂ©fausser de sa responsabilitĂ© dans l'incident, et a dĂ©clarĂ© qu'il n'avait pas ordonnĂ© de placer les personnes dans la cuisine. Toutefois, le tĂ©moin a prĂ©cisĂ© par la suite que Massaquoi Ă©tait conscient de la prĂ©sence de personnes dans la cuisine, mais que, comme « son patron l'a blĂąmé », il a essayĂ© de rejeter la faute sur d'autres personnes. Lorsque « 50 » est arrivĂ© dans la soirĂ©e, il Ă©tait trĂšs en colĂšre. Il a informĂ© les autres commandants que lui et Gibril Massaquoi allaient se rendre Ă  Monrovia. LĂ -bas, ils Ă©taient basĂ©s Ă  Paynesville. 

Le tĂ©moin a expliquĂ© que lorsque la guerre s'est intensifiĂ©e et qu'elle a pĂ©nĂ©trĂ© dans la ville, on l'a appelĂ©e WW1 (premiĂšre guerre mondiale). Il a indiquĂ© qu'il avait de la famille originaire de la Sierra Leone, et qu'il Ă©tait toujours assignĂ© avec le RUF parce qu'il parlait Mende et Krio, et qu'il Ă©tait originaire du comtĂ© de Lofa. Il a ajoutĂ© qu'il « était comme un Ɠil sur eux pour le gouvernement ».".  

Le tĂ©moin a indiquĂ© qu'Ă  Monrovia, il y avait un autre commandant de premiĂšre ligne nommĂ© [FNM-143]. Il a notĂ© que les civils cherchaient de la nourriture et que des civils Ă©taient abattus parce qu'ils pillaient : le tĂ©moin se souvient s'ĂȘtre senti mal et avoir vu quinze corps dans un magasin. Le tĂ©moin 46 a dĂ©clarĂ© qu'il ne s’agissait « pas de la ligne de front », mais que les autres soldats lui avaient racontĂ© que leurs ordres venaient du haut commandement, qui avait ordonnĂ© que « if anyone enters the store, they should be killed». Le tĂ©moin a ajoutĂ© que c'Ă©tait Gibril Massaquoi qui avait ordonnĂ© au [FNM-143] de tirer. Il a ajoutĂ© qu'il ne savait pas si Gibril Massaquoi y Ă©tait retournĂ© deux fois, mais que c'Ă©tait la derniĂšre fois qu'il l'avait croisĂ©. Plus loin dans son tĂ©moignage, il a confirmĂ© que l'incident au magasin a eu lieu en 2003 Ă  Waterside.

L'Accusation a notĂ© qu'aprĂšs l'incident, le tĂ©moin s'est rendu Ă  Monrovia et a demandĂ© de quelle annĂ©e il s'agissait. Il a prĂ©cisĂ© que l'incident avait eu lieu en 2001 ou 2002 et qu'il Ă©tait Ă  Monrovia en 2003. Le tĂ©moin a expliquĂ© que la base du RUF se trouvait Ă  Paynesville, 12 Houses, Ă  Monrovia. Il a dĂ©clarĂ© qu'il n'y restait pas avec eux, mais qu'il s'y rendait sur ordre. L'Accusation a ensuite demandĂ© si le tĂ©moin s'Ă©tait rendu Ă  Monrovia avec le RUF, ce Ă  quoi il a rĂ©pondu qu'ils s'y rendaient avec un convoi. Lorsqu'on lui a demandĂ© si Massaquoi Ă©tait dans le mĂȘme convoi, le tĂ©moin a rĂ©pondu que le haut commandement Ă©tait lĂ  et qu'ils « avaient un problĂšme avec lui »en raison de l'incident de Kamatahun. Il a rappelĂ© qu'il y avait deux occasions diffĂ©rentes qui ont causĂ© des problĂšmes avec Gibril Massaquoi. 

Le tĂ©moin a ensuite dĂ©crit comment Monrovia Ă©tait « sens dessus dessous » en 2003, et qu'aprĂšs avoir traversĂ© la zone de sĂ©curitĂ©, il y avait la ligne de front oĂč ils se battaient contre les LURD. Il a prĂ©cisĂ© qu'elle se trouvait au-delĂ  du pont et a indiquĂ© une zone sur une carte. Revenant sur l'incident au magasin, l'Accusation a demandĂ© Ă  qui le tĂ©moin avait dit que « ce n'Ă©tait pas la ligne de front ». Le tĂ©moin a expliquĂ© qu'il avait dit cela aux personnes qui tiraient sur le magasin et qui lui ont rĂ©pondu que cet ordre venait de leur commandant en chef. Le tĂ©moin n°46 a ajoutĂ© que Gibril Massaquoi et Salami Ă©taient leurs commandants, que Salami Ă©tait mort, et qu'ils Ă©taient des soldats de l'armĂ©e de Sierra Leone avant de rejoindre le RUF. Le tĂ©moin a expliquĂ© qu'il avait vu Gibril Massaquoi Ă  Waterside au moment de l'incident du magasin, et a rĂ©pĂ©tĂ© que c'Ă©tait la derniĂšre fois qu'il l'avait vu. Le tĂ©moin a dĂ©clarĂ© qu'il n'Ă©tait pas exactement sĂ»r de la langue que Gibril Massaquoi parlait, mais a notĂ© que la plupart d'entre eux parlaient Mende.

Lorsqu'on lui a demandé comment il était entré en contact avec la police finlandaise, le témoin a répondu qu'un de ses amis lui avait dit qu'un homme voulait lui parler de ce qui s'était passé pendant la guerre civile. [L'employé 1] a appelé le témoin et a demandé à le rencontrer, mais il ne l'a rencontré que lorsqu'il a parlé avec la police.

La Défense interroge le témoin n°46

La DĂ©fense a commencĂ© par demander si le tĂ©moin savait sur qui la police finlandaise voulait des informations. Le tĂ©moin n°46 a rĂ©pondu que son ami lui avait dit qu'il s'agissait de quelqu'un du RUF, mais qu'il ne savait pas s'il s'agissait de Gibril Massaquoi ou de Salami. Le tĂ©moin a expliquĂ© que la personne qui avait donnĂ© son numĂ©ro de tĂ©lĂ©phone Ă  [l'employĂ©(e) 1] Ă©tait [FNM-144], qui Ă©tait affectĂ© Ă  12 Houses, et qui lui Ă©tait infĂ©rieur. 

La Défense a souligné que le résumé de la police indiquait que le témoin avait indiqué que son cousin [FNM-144] lui avait dit de témoigner, mais qu'il ne l'avait pas pris au sérieux. La personne qui l'a convaincu de venir était [FNM-145]. De plus, selon la déclaration de la police, le témoin a dit « cet homme est en Finlande et je devrais venir donner des informations sur lui et dire la vérité ». La Défense a ensuite demandé ce que le témoin voulait dire lorsqu'il a dit qu'il connaissait personnellement Ange Gabriel, ce à quoi il a répondu qu'il était assigné avec eux mais qu'il ne connaissait pas leur vie personnelle. La Défense a noté que « vous avez dit que votre cousin a dit que Gibril Massaquoi vit maintenant en Finlande et vous avez dit que cette personne est l'Ange Gabriel ».»

Le tĂ©moin a expliquĂ© que son cousin, [FNM-144], avait suivi l'histoire et lui en avait parlĂ©, en utilisant le nom de Gibril Massaquoi ; et le tĂ©moin avait dit Ă  son cousin que cette personne Ă©tait l'Ange Gabriel. Il a prĂ©cisĂ© que [FNM-144] ne l'avait pas appelĂ© Ange Gabriel parce qu'il ne connaissait pas ce nom. Le [FNM-144] lui a seulement dit qu'il y avait une affaire contre lui, mais il n'a pas donnĂ© de dĂ©tails. Il l'a probablement appris sur Internet. 

Revenant sur l'incident de Kamatahun, la DĂ©fense a demandĂ© oĂč se trouvait le poste de contrĂŽle d'oĂč il avait vu l'incendie. Le tĂ©moin a expliquĂ© qu'il se trouvait prĂšs de la ville. La DĂ©fense a voulu savoir quelle Ă©tait la distance entre Vahun et Kamatahun. Le tĂ©moin a rĂ©pondu qu’ « il faut passer par Kamatahun et Yandohun avant de rejoindre Vahun ». Il a estimĂ© que cela reprĂ©sentait au moins six heures de marche. La DĂ©fense a demandĂ© si le tĂ©moin se trouvait Ă  Vahun lorsqu'il a Ă©tĂ© informĂ© que la maison avait Ă©tĂ© incendiĂ©e, ce Ă  quoi il a rĂ©pondu qu'il Ă©tait Ă  Kamatahun. La DĂ©fense a demandĂ© Ă  la Cour de diffuser un enregistrement oĂč l'on entend le tĂ©moin dire que lorsqu'il est arrivĂ© sur les lieux, des soldats lui ont dit que Massaquoi avait ordonnĂ© l'incendie de la maison et le meurtre d'une femme enceinte. 

Le tĂ©moin a dĂ©clarĂ© qu'il avait oubliĂ© de mentionner une femme enceinte qui avait Ă©tĂ© tuĂ©e sur ordre de Gibril Massaquoi, et a confirmĂ© que ce qui Ă©tait dit dans l'enregistrement Ă©tait vrai. 

L'Accusation a demandĂ© au tĂ©moin oĂč il se trouvait lorsque la femme enceinte a Ă©tĂ© tuĂ©e, et il a rĂ©pondu qu'il Ă©tait au poste de contrĂŽle. L'Accusation a fait remarquer que dans l'enregistrement, il avait dit qu'il se trouvait Ă  Vahun. Le tĂ©moin a expliquĂ© qu'il venait de Vahun, car la nouvelle de l'incendie de la cuisine l'avait amenĂ© en ville. Du poste de contrĂŽle Ă  Kamatahun, il y avait quarante-cinq minutes de marche. Lorsqu'il est arrivĂ©, la cuisine Ă©tait toujours en feu. 

Audition du témoin n°47

(Identification assignée par le tribunal finlandais: Soldat 37)

L'Accusation interroge le témoin n°47

L'Accusation a commencĂ© par interroger le tĂ©moin sur le RUF. Le tĂ©moin a dĂ©clarĂ© que le RUF Ă©tait un front uni rebelle de Sierra Leone. Il a dĂ©crit le RUF comme travaillant en liaison avec les forces gouvernementales pendant la deuxiĂšme guerre civile libĂ©rienne. Le tĂ©moin appartenait lui-mĂȘme aux forces gouvernementales, mais il a combattu avec le RUF car le gouvernement et le RUF avaient des forces conjointes. Lorsqu'on lui a demandĂ© s'il se souvenait des noms de combattants du RUF, le tĂ©moin a nommĂ© Sam Bockarie, Superman et Ange Gabriel, puis les a dĂ©crits comme des officiers de haut rang. Le tĂ©moin se souvient qu'Ange Gabriel Ă©tait le troisiĂšme homme du commandement, ou le porte-parole. Il a rappelĂ© qu'il Ă©tait Sierra-LĂ©onais et qu'on l'appelait Ă©galement « Massaquoi », mais que son nom de guerre Ă©tait Ange Gabriel. Le tĂ©moin a rencontrĂ© Ange Gabriel Ă  de nombreux endroits pendant la guerre : Kolahun, Massabolahun, Foya et Monrovia. Il a notĂ© que lorsqu'ils se sont rencontrĂ©s Ă  Monrovia, la situation Ă©tait calme, mais qu'il y avait des combats Ă  Lofa, qui Ă©tait la ligne de front. Le tĂ©moin a expliquĂ© qu'il n'Ă©tait pas avec Ange Gabriel Ă  Monrovia, car il Ă©tait commandant, mais qu'il le voyait en voiture dans la ville. 

L'Accusation a demandĂ© au tĂ©moin s'il Ă©tait venu de Lofa Ă  Monrovia en mĂȘme temps qu'Ange Gabriel ; le tĂ©moin a rĂ©pondu que non, car il n'Ă©tait pas affectĂ© Ă  lui. Le tĂ©moin n°47 a ajoutĂ© qu'il avait combattu avec Ange Gabriel sur la ligne de front et s'est souvenu d'un incident survenu Ă  Kamatahun. Le tĂ©moin a notĂ© que les LibĂ©riens et les Sierra-LĂ©onais avaient leurs propres groupes, mais qu'ils Ă©taient tous membres des forces conjointes, et qu'Ange Gabriel Ă©tait le commandant sierra-lĂ©onais.

Concernant l'incident en question, il a rappelĂ© qu'aprĂšs leur arrivĂ©e, des personnes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es parce qu'elles Ă©taient accusĂ©es de fournir des informations aux forces des LURD. Le tĂ©moin a pensĂ© qu'Ange Gabriel avait ordonnĂ© Ă  des personnes d'en tuer d'autres, et a notĂ© que certaines personnes avaient Ă©tĂ© brĂ»lĂ©es et d'autres violĂ©es. Il a expliquĂ© que cela avait semĂ© la confusion entre les groupes et provoquĂ© une dispute aprĂšs l'arrivĂ©e des forces de Charles Taylor dans la ville oĂč elles Ă©taient basĂ©es. Le tĂ©moin a expliquĂ© que l'altercation a amenĂ© certaines personnes Ă  se battre pour tuer Ange Gabriel, et a ajoutĂ© que Zigzag Marzah, qui Ă©tait l'un des commandants, Ă©tait Ă©galement en colĂšre. La dispute a Ă©tĂ© rĂ©glĂ©e plus tard, et Ange Gabriel a Ă©tĂ© appelĂ© Ă  Vahun, oĂč se trouvait le chef d'Ă©tat-major. Il a expliquĂ© que c'est ainsi qu'Ange Gabriel a quittĂ© la ligne de front, et a notĂ© que sa vie a Ă©tĂ© Ă©pargnĂ©e parce qu'ils avaient rĂ©cemment perdu deux commandants, Sam Bockarie et Superman. Il a prĂ©cisĂ© qu'il n'avait pas revu Ange Gabriel depuis, au Liberia ou ailleurs.

Le tĂ©moin a poursuivi sa dĂ©position sur le mĂȘme incident et a rappelĂ© qu'Ange Gabriel Ă©tait celui qui avait arrĂȘtĂ© des personnes Ă  Kamatahun, car il prĂ©tendait avoir des informations selon lesquelles ces personnes fournissaient des renseignements aux forces dissidentes. Il a indiquĂ© qu'il ne se souvenait pas de l'origine des personnes amenĂ©es Ă  Kamatahun. Il a dĂ©clarĂ© que les incendies et les viols avaient provoquĂ© des frictions entre les groupes, et a affirmĂ© que l'Ange Gabriel avait donnĂ© l'ordre de tuer les gens. Il a ensuite prĂ©cisĂ© qu'il savait qu'Ange Gabriel avait donnĂ© cet ordre, car « s'il ne le faisait pas, personne ne pourrait rien faire ». Et par la suite, lorsque Zigzag Marzah et un autre commandant sont arrivĂ©s et ont demandĂ© qui Ă©tait responsable, tout le monde a dit que l'Ange Gabriel avait donnĂ© l'ordre. 

Il a expliquĂ© que les personnes qui avaient Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es ont Ă©tĂ© brĂ»lĂ©es dans une maison ; il ne pouvait pas estimer combien d'entre elles avaient Ă©tĂ© tuĂ©es, car il n'Ă©tait pas prĂ©sent lorsqu'elles ont Ă©tĂ© mises dans la maison - bien qu'il ait vu les ossements plus tard. Il a rappelĂ© que les personnes avaient Ă©galement Ă©tĂ© violĂ©es par les hommes de l'Ange Gabriel, et a notĂ© que celui-ci commandait plus de 500 hommes. Les viols en question ont eu lieu Ă  Kamatahun le jour mĂȘme oĂč les personnes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©es et brĂ»lĂ©es. Le tĂ©moin se souvient que l'Ange Gabriel avait donnĂ© l'ordre de violer les gens et qu'il avait dit : « Ce sont vos femmes. Prenez-les ».

L'Accusation a demandĂ© au tĂ©moin s'il se souvenait de l'emplacement de la maison qui a Ă©tĂ© brĂ»lĂ©e Ă  Kamatahun. Il a expliquĂ© que la maison se trouvait sur le cĂŽtĂ© gauche de la route en arrivant de Kolahun. InvitĂ© par l'Accusation, le tĂ©moin a rappelĂ© l'incident qui s'est dĂ©roulĂ© dans la forge. Il a dĂ©clarĂ© que les viols ont eu lieu dans une maison proche de la forge, et a notĂ© que la plupart de ces maisons ont Ă©tĂ© brĂ»lĂ©es, car de violents combats s'y sont dĂ©roulĂ©s. Le tĂ©moin a notĂ© que des hommes ont Ă©tĂ© arrĂȘtĂ©s et tuĂ©s, mais que toutes les personnes violĂ©es Ă©taient des femmes. L'Accusation a demandĂ© au tĂ©moin s'il pouvait estimer le nombre de femmes violĂ©es, ce Ă  quoi le tĂ©moin a rĂ©pondu que l'incident s'Ă©tait produit alors qu'il faisait un peu sombre et qu'ils venaient de battre en retraite sous la pression de l'ennemi. Il a ajoutĂ© qu'il n'avait pas le pouvoir d'enquĂȘter sur ce qui s'Ă©tait passĂ©, et qu'ils Ă©taient donc retournĂ©s sur la ligne de front. Il se souvient que l'incident s'est dĂ©roulĂ© fin 2001 ou dĂ©but 2002, et a prĂ©cisĂ© qu'il se souvenait de l'Ă©poque car, aprĂšs le dĂ©part de l'Ange Gabriel, le tĂ©moin a Ă©tĂ© blessĂ© en aoĂ»t 2002 et a Ă©tĂ© amenĂ© Ă  Monrovia.

L'Accusation a ensuite interrogĂ© le tĂ©moin sur la façon dont il Ă©tait entrĂ© en contact avec la police finlandaise. Il a dĂ©clarĂ© ĂȘtre entrĂ© en contact par l'intermĂ©diaire de [l'employĂ©(e) 1], aprĂšs qu'ils aient commencĂ© Ă  discuter de la guerre civile alors qu'ils Ă©taient en route vers leurs destinations respectives. AprĂšs un certain temps, [l'employĂ© 1] lui a dit qu'une ONG allait venir, et lui a demandĂ© s'il Ă©tait prĂȘt Ă  partager son expĂ©rience avec eux. L'Accusation a conclu en demandant au TĂ©moin s'il se souvenait de la langue que parlait Ange Gabriel. Le tĂ©moin a rĂ©pondu qu'il parlait Mende. 

La Défense interroge le témoin n°47

La Défense a commencé par interroger le témoin sur ses discussions avec [l'employé 1]. Le témoin a déclaré que la premiÚre discussion qu'il a eue avec [l'employé 1] a eu lieu dans les transports en commun. Ils ont discuté des combats qui avaient eu lieu à Lofa pendant la guerre civile, et le témoin lui a dit qu'il avait été à Foya, Voinjama et Zorzor. AprÚs avoir noté que le RUF était arrivé au début de l'année 2000, la premiÚre invasion ayant eu lieu lorsque « Mosquito Spray » attaqua le Liberia en 1999, il a expliqué que le RUF s'était divisé, certains restant en Sierra Leone tandis que d'autres se rendaient au Liberia.

Il a expliquĂ© que les forces du RUF Ă©taient dirigĂ©es par Sam Bockarie, et qu'elles sont arrivĂ©es au Liberia au dĂ©but de l'annĂ©e 2000 par Bomboru et Foya. Il a ajoutĂ© qu'Ă  l'Ă©poque, les forces des LURD attaquaient, et que les forces gouvernementales n'avaient jamais eu assez d'hommes pour les attaquer. InterrogĂ© sur les dirigeants du RUF qui sont arrivĂ©s, le tĂ©moin a dĂ©clarĂ© qu'ils avaient de nombreux commandants, mais que Gibril Massaquoi Ă©tait leur porte-parole. Le tĂ©moin a ajoutĂ© qu'Ă  l'Ă©poque, il ne le connaissait pas vraiment, mais qu'il connaissait Sam Bockarie parce qu'on l'appelait « MaĂźtre ». Il a notĂ© qu'il n'avait pas non plus aidĂ© le RUF dans sa tentative d'arriver au Liberia. 

La DĂ©fense a demandĂ© au tĂ©moin s'il Ă©tait au courant du type de relation qu'Ange Gabriel entretenait avec les membres du RUF au Liberia vers 2000-2001. Il a dĂ©clarĂ© qu'Ange Gabriel avait une relation de travail cordiale avec les membres du RUF au Liberia, et a notĂ© que lorsqu'ils venaient, ils logeaient dans 12 Houses, Ă  Monrovia. Il a Ă©tĂ© demandĂ© au tĂ©moin s'il avait participĂ© au voyage au cours duquel Mosquito avait Ă©tĂ© amenĂ© Ă  Foya Ă  la demande de Charles Taylor. AprĂšs avoir rĂ©pondu qu'il n'avait pas participĂ© Ă  un tel voyage, il lui a Ă©tĂ© demandĂ© s'il avait participĂ© Ă  un voyage similaire au cours duquel Sam Bockarie avait Ă©tĂ© emmenĂ© de Sierra Leone au Liberia. Il a rĂ©pondu qu'il avait rencontrĂ© Sam Bockarie Ă  la frontiĂšre et l'avait escortĂ© jusqu'Ă  Voinjama, mais qu'il ne se souvenait pas si Gabriel Massaquoi avait participĂ© Ă  ce voyage, car il ne connaissait pas les dirigeants Ă  l'Ă©poque. La DĂ©fense a notĂ© que le TĂ©moin avait prĂ©cĂ©demment dĂ©clarĂ© que Superman Ă©tait Ă©galement prĂ©sent dans le groupe, ce Ă  quoi il a rĂ©pondu qu'il ne les connaissait pas personnellement. Il a expliquĂ© que Sam Bockarie avait Ă©tĂ© escortĂ© hors de la frontiĂšre parce qu'ils avaient reçu un appel d'un supĂ©rieur, indiquant qu'un convoi arrivait de Sierra Leone au Liberia. 

AprĂšs avoir notĂ© que Sam Bockarie et d'autres combattants Ă©taient en conflit interne Ă  Bomboru, il a expliquĂ© qu'il ne savait pas qui avait ordonnĂ© Ă  Sam Bockarie de se rendre au Liberia, le tĂ©moin n'Ă©tant pas un commandant. La DĂ©fense a demandĂ© au tĂ©moin s'il savait oĂč se trouvait Bomboru, le tĂ©moin a dĂ©clarĂ© que c'Ă©tait en Sierra Leone, bien qu'il ne soit pas sĂ»r de quelle partie de la Sierra Leone. AprĂšs cela, la DĂ©fense a notĂ© que le tĂ©moin avait dĂ©clarĂ© qu'en chemin il avait fait la connaissance de Gabriel Massaquoi et de Superman. Le tĂ©moin a rĂ©pondu qu'il s'agissait peut-ĂȘtre d'une erreur, car il ne connaissait pas les dirigeants lorsqu'ils sont arrivĂ©s au Liberia. 

(Un enregistrement est diffusĂ©, dans lequel le tĂ©moin dĂ©clare que le prĂ©sident leur a dit d'aller Ă  Bomboru et qu'ils sont passĂ©s par Foya. Il a ajoutĂ© que Mosquito avait attaquĂ© Voinjama vers dĂ©cembre 1999 ou dĂ©but 2000, et qu'ils s'Ă©taient rendus Ă  Voinjama pour combattre, mais que les gens s'Ă©taient retirĂ©s dĂšs leur arrivĂ©e. Par la suite, ils ont quittĂ© le manoir exĂ©cutif, et sont allĂ©s Ă  Bomboru oĂč le chaos a Ă©clatĂ©.) 

La DĂ©fense lui ayant demandĂ© s'il Ă©tait effectivement allĂ© Ă  Bomboru, le tĂ©moin a expliquĂ© qu'il avait utilisĂ© le terme « nous » car il faisait partie de la troupe, mais qu'il n'y Ă©tait pas allĂ© lui-mĂȘme. 

(Un autre enregistrement est diffusé, dans lequel le témoin déclare que l'ATU a escorté le RUF à Monrovia en passant par Foya et Voinjama, avant d'arriver à Monrovia. Il a également déclaré que le RUF avait des groupes, certains restant en Sierra Leone et d'autres venant au Liberia. Le témoin a décrit le RUF comme composé de Sam Bockarie, Superman et d'ange Gabriel, qui en était le porte-parole, tandis que Sam Bockarie en était le chef. Enfin, il a déclaré que Sam Bockarie, Ange Gabriel et Sam Bockarie étaient présents lors du voyage de Bomboru à Foya, Voinjama et Monrovia.)

Le témoin a déclaré qu'il voulait préciser qu'il avait parlé d'Ange Gabriel, de Sam Bockarie et de Superman parce qu'ils avaient reçu un appel indiquant que ces personnes allaient venir. Il a ajouté qu'il avait dit à la police qu'il ne les connaissait pas, et qu'il avait simplement dit qui il savait qu'ils arrivaient lors du voyage en question. Il a conclu en répétant que, bien qu'il se souvienne qu'Ange Gabriel était présent lors du voyage, ils ont simplement reçu un appel indiquant que tous les individus en question arrivaient.

La DĂ©fense a demandĂ© si le tĂ©moin se souvenait s'il y avait eu un conflit interne au sein du RUF, et quel type d'effet cela avait pu avoir. Le tĂ©moin n°47 a rĂ©pondu qu'il avait entendu parler d'un conflit interne et qu'il pensait que cela avait empĂȘchĂ© Sam Bockarie, Superman et Ange Gabriel de se rendre en Sierra Leone. Le tĂ©moin a Ă©galement indiquĂ© qu'il pensait que Sam Bockarie et Ange Gabriel n'entretenaient pas de relations cordiales avec le RUF en Sierra Leone Ă  l'Ă©poque. 

La DĂ©fense est revenue aux questions relatives Ă  la façon dont le tĂ©moin est entrĂ© en contact avec la police finlandaise. Le tĂ©moin a expliquĂ© qu'il avait rencontrĂ© [l'employĂ© 1] sur une aire de repos alors qu'ils attendaient tous deux le dĂ©part de leur moyen de transport. La dĂ©fense a notĂ© que le tĂ©moin avait prĂ©cĂ©demment dĂ©clarĂ© qu'il avait rencontrĂ© [l'employĂ© 1] pour la premiĂšre fois Ă  Gbarnga, et un enregistrement dans lequel le tĂ©moin le dĂ©clarait a Ă©tĂ© diffusĂ©. Il a expliquĂ© qu'il s'agissait peut-ĂȘtre d'une erreur et qu'il y avait peut-ĂȘtre eu un malentendu lorsque la question a Ă©tĂ© posĂ©e. 

L'Accusation interroge à nouveau le témoin n°47

L'Accusation a demandĂ© des Ă©claircissements sur le convoi des commandants du RUF de la Sierra Leone au Liberia. Le tĂ©moin a expliquĂ© que la troupe Ă©tait divisĂ©e en deux, et qu'il faisait partie de la troupe qui s'est rendue Ă  la frontiĂšre aprĂšs avoir quittĂ© Monrovia pour Lofa en raison d'une invasion menĂ©e par « Mosquito Spray ». Il a dĂ©clarĂ© qu'il faisait partie du groupe qui est allĂ© Ă  la rencontre du convoi, mais il est restĂ© Ă  Foya et n'a pas franchi la frontiĂšre avec la Sierra Leone. Le convoi est arrivĂ© Ă  Foya, et le tĂ©moin a quittĂ© le convoi une fois arrivĂ© Ă  Voinjama, oĂč il est restĂ©. Il a poursuivi en expliquant qu'une fois que les forces du LURD ont attaquĂ© Ă  nouveau, le RUF est retournĂ© Ă  Voinjama. Il a ajoutĂ© qu'aprĂšs le dĂ©part de Mosquito, le calme est revenu pendant un certain temps, avant que les forces des LURD n'attaquent Ă  nouveau. 

L'Accusation a demandĂ© au tĂ©moin s'il avait vu ou parlĂ© avec les personnes qui faisaient partie du convoi, alors qu'il Ă©tait Ă  Voinjama. Il a dĂ©clarĂ© les avoir vus, car ils prenaient la mĂȘme voiture, mais il n'a pas parlĂ© lui-mĂȘme aux commandants supĂ©rieurs. Il a expliquĂ© que les commandants du RUF ne parlaient Ă  personne, et que ce n'est qu'Ă  son arrivĂ©e Ă  Voinjama que Sam Bockarie a parlĂ© Ă  un commandant de l'AFL. Il a conclu en notant que personne d'autre que Sam Bockarie ne parlait Ă  Voinjama, pour autant qu'il le sache. 

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