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Prince Johnson, notoire seigneur de guerre libérien, meurt sans jamais avoir été traduit en justice

(Genève, le 28 novembre 2024) – Le sénateur Prince Y. Johnson, fondateur et ancien chef du Front patriotique national indépendant du Libéria (INPFL) durant la première guerre civile libérienne, est décédé aujourd’hui, le 28 novembre 2024. Listé comme l’un des criminels les plus notoires par la Commission Vérité et Réconciliation (CVR), sa mort est un choc pour ses victimes, qui attendent justice depuis plus de deux décennies.

Dans son rapport final de 2009, la CVR avait identifié Prince Johnson comme « l’individu ayant à son actif le plus grand nombre de violations jamais enregistrées » durant les guerres civiles libériennes. Il était responsable de la capture, de la torture et de l’exécution de l’ancien président Samuel Doe, qui avaient été enregistrées et largement diffusées à la télévision. Il aurait également participé à des meurtres, extorsions, massacres, destructions de biens, recrutements forcés, agressions, enlèvements, tortures, travaux forcés et viols.

La mort de Prince Johnson survient à un moment où la justice pour les crimes commis au Libéria lors des deux guerres civiles a pris un nouvel élan. Avec la nomination du Conseil Barbu comme Directeur exécutif du Bureau de la Cour pour les crimes de guerre et les crimes économiques (War and Economic Crimes Court), des progrès tangibles ont été réalisés pour établir le premier mécanisme de responsabilité au Libéria.

Depuis la remise du rapport final de la CVR, Prince Johnson est le deuxième chef de faction à mourir avant d’avoir été traduit en justice, après le décès d’Alhaji Kromah, ancien dirigeant du Mouvement uni de libération du Libéria pour la démocratie (ULIMO), en 2022. Cela souligne toute l’urgence pour le gouvernement libérien et la communauté internationale de consacrer les ressources et l’expertise nécessaires à la création de la Cour afin de lutter contre l’impunité des atrocités commises pendant les guerres civiles libériennes. Avec le temps qui passe, les victimes, témoins et auteurs des crimes vieillissent, et les chances de rendre une véritable justice s’amoindrissent.

Bien que la nomination du Conseil Barbu représente un pas en avant significatif, la mort de Prince Johnson doit servir de catalyseur pour intensifier les efforts visant à rendre la cour opérationnelle. Pour que justice soit rendue, les auteurs doivent être tenus responsables des crimes commis, et les victimes entendues avant qu’il ne soit trop tard. 

Contact

Isabelle Tallec, Responsable de la communication
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